Cameroun – Perspectives : Sosucam va recruter 2 000 jeunes

Sosucam va recruter 2 000 jeunes | Ph. Archives
Sosucam va recruter 2 000 jeunes | Ph. Archives

L’entreprise annonce un vaste plan d’extension qui lui permettra d’embaucher de nombreux camerounais.

Il y a quelques mois, la Société Sucrière du Cameroun (Sosucam) alertait l’opinion publique sur les dangers de la contrebande qui plombait ses activités en générant d’importants stocks d’invendus. « Ce problème est désormais derrière nous », coupe sèchement Thierry Owona le Directeur des ressources humaines de la compagnie, quand on le relance sur le sujet. Comme s’il voulait conjurer un mauvais sort.

La mine radieuse, le DRH était à la manoeuvre lors de la visite du Ministre de l’emploi et de la formation professionnelle, Zacharie Perevet, dans les usines de la Sosucam à Nkoteng hier mercredi 30 novembre. Arrivé sur les lieux vers 11h, le ministre Perevet qu’assistait le représentant du directeur général adjoint de la Sosucam, empêché, a visité les installations de l’entreprise au pas de course pour évaluer l’implémentation de la réglementation en matière d’utilisation de la main d’oeuvre nationale et étrangère.

S’exprimant devant la presse à l’issue de sa visite, M. Perevet a rappelé que son initiative se situe dans le cadre d’un plaidoyer qu’il mène auprès des opérateurs du secteur privé afin d’apprécier les efforts consentis dans la lutte contre le chômage et la facilitation du transfert des technologies. Le ministre a aussi voulu s’imprégner des efforts déployés par Sosucam dans les domaines du transfert des compétences, de la formation continue des travailleurs et de la promotion des emplois décents. Le ministre a dit sa satisfaction de voir cette entreprise citoyenne qu’est la Sosucam « s’investir pour promouvoir l’emploi et la formation des jeunes camerounais ».

Zacharie Perevet s’est réjoui du programme de formation déjà en vigueur au sein de l’entreprise et a salué la mise en route du plan d’extension de la société qui permettra de recruter plus de 2000 jeunes camerounais et accroitre la masse salariale d’une compagnie qui emploie déjà plus de 7000 personnes dont 5000 en interne.

Priorité aux techniciens

S’exprimant à la suite du ministre, Thierry Owona a apporté d’autres précisions sur les profils recherchés. « Il s’agit essentiellement de techniciens qualifiés dans le domaine de l’industrie de la canne à sucre, nous recherchons aussi des techniciens dans le domaine de l’électricité et de la conduite des camions assistée par l’informatique ». « Il s’agit là d’une main d’oeuvre rare car le secteur de la canne à sucre est encore nouveau au Cameroun.

C’est pourquoi nous allons accompagner le gouvernement dans la formation de ces jeunes en interne et en externe », a appuyé Barbara Melem la chargé de communication de Sosucam. Celle-ci fixe l’échéancier de recrutement dans deux ans mais ajoute que des enrôlements se font déjà. Avec 1,08 million de tonnes de cannes à sucre broyées dans les deux usines, la Sosucam produit près de 105 000 tonnes de sucre par an, dont 17 000 tonnes en morceaux. L’entreprise vend plus de 100 000 tonnes sur le marché camerounais et approvisionne le Tchad en sucre extra-raffiné, nécessaire aux brasseurs.

La Sosucam a initié en 2012 un plan de développement de 110 milliards de FCFA d’investissements afin d’atteindre une production annuelle de l’ordre de 165.000 tonnes de sucre à l’horizon 2020. Après une suspension de deux ans, ce plan de développement vient d’être relancé avec pour objectif : le parachèvement des extensions de plantations portant la surface cultivable à 26.000 ha, l’introduction d’essais d’irrigation des cultures, l’augmentation des capacités des usines, la modernisation technologique, la baisse des coûts de production et la pérennisation du bassin d’emplois.

Déjà à ce jour, la compagnie utilise plusieurs technologies agricoles modernes dont l’autoguidage GPS pour ses engins agricoles, qui permet une optimisation des itinéraires agricoles, notamment dans les préparations de sols et les mesures de résistivité des sols qui ont permis d’obtenir les caractéristiques précises des surfaces cultivées.

Source : © Le Jour

Par Hiondi Nkam IV