Cameroun : Pénurie de “zoua-zoua” à Garoua – 25/10/2014

Photo d'illustration.
Photo d’illustration.

La fermeture des frontières avec la Nigéria et les attaques de Boko Haram entraînent un manque de carburant de contre bande.

Trouver du “zoua-zoua”, carburant de contrebande, depuis quelques jours à Garoua, n’est pas chose aisée. Sa pénurie a entrainé depuis lundi 20 octobre 2014, une variation constante de son prix sur le marché local. Le litre qui coutait jusqu’à la fin du mois de septembre 450 Fcfa, est passé à 600 Fcfa avant de revenir à 550 Fcfa ces jours. Après enquête menée sur le terrain, il ressort que la pénurie du “zoua-zoua” qui provient essentiellement du Nigéria est une conséquence de fermeture des frontières avec notre grand voisin.

Une mesure qui a contribué à assécher la région de l’Extrême-Nord en carburant, obligeant tous les consommateurs de cette région à s’approvisionner à Garoua. «En raison de la fermeture des frontières avec le Nigéria qui est venu s’ajouté à la situation d’insécurité qui prévaut dans l’Extrême-Nord, toutes les personnes qui vivaient de cette activité dans cette région se sont repliées à Garoua. Et lorsqu’elles arrivent, elles achètent en grandes quantités. Ce qui a pour conséquence d’assécher la ville de Garoua», explique Dahirou, grossiste de “zoua-zoua” à Garoua.

Lequel reconnaît également que la forte demande venue de l’Extrême-Nord, n’est pas l’unique cause de la pénurie du “zoua-zoua” à Garoua. La région du Nord subit aussi les conséquences de la fermeture des frontières décidée par le gouvernement suite à la présence de l’Ebola au Nigeria voisin. «Avant la fermeture de la frontière, nous faisions venir du Nigéria du carburant en grandes quantités.

Mais depuis que le Cameroun a décidé de fermer sa frontière, le produit entre au compte-goutte et par des voies de contournement afin d’éviter les postes douaniers. Conséquence, les quantités qui entrent doivent alimenter deux régions : le Nord et l’Extrême-Nord», explique un autre grossiste. L’augmentation du prix du litre de “zoua-zoua”, qui est passé à 600 Fcfa avant d’être ramené à 550 Fcfa a convaincu certains automobilistes de recourir aux stations-services. Sur le terrain, les distributeurs de ce carburant de contrebande réfléchissent déjà aux voies et moyens de contournement pour s’approvisionner.

«La frontière est vaste. Nous ne pouvons pas continuer à rester sur place à attendre, surtout que notre survie en dépend. C’est notre seule source de revenu. Et cette activité fait vivre de nombreux jeunes désoeuvrés de la région. Et si nous sommes privé de ce produit, il sera difficile pour beaucoup de jeunes de s’en sortir», soutien Mohaman, un jeune vendeur de ce “zoua-zoua” à Garoua. Officiellement, la distribution et la consommation du “zoua-zoua” sont interdites dans le territoire camerounais. Mais il existe autour de ce produit, un vaste réseau difficile à cerner.

De grandes quantités de ce produit de contre bande arrivent chaque jour dans notre pays en passant par les différentes barrières de polices, de gendarmeries et douanières sans qu’aucune autorité ne s’en inquiète.

Source : © L’Oeil du Sahel

Par TELESPHORE MBONDO

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