Cameroun – Paul FOUDA OTTOU : « Le Cameroun produit 50 millions de poulets »

Le secrétaire permanent de l’Interprofession avicole du Cameroun (IPAVIC), dresse le bilan de l’activité avicole depuis l’épidémie de la grippe aviaire.

Paul FOUDA OTTOU, secrétaire permanent de l’Interprofession avicole du Cameroun (IPAVIC)
Paul FOUDA OTTOU, secrétaire permanent de l’Interprofession avicole du Cameroun (IPAVIC)

Camerpost : le Cameroun a été frappé en 2006 par l’épidémie de la grippe aviaire. Où en est la filière avicole aujourd’hui ?

FOUDA OTTOU : je dois dire aujourd’hui que les élevages modernes n’ont pas été infectés par le virus de la grippe aviaire. On a juste découvert deux canards morts dans le grand Nord. Au Cameroun il y a eu une communication nationale mal orientée ; nous pouvons le dire aujourd’hui. L’on pensait que la consommation de l’œuf pouvait entrainer la mort. C’était une psychose. L’on a noté beaucoup d’invendus dans le secteur de l’œuf de consommation. L’on a même assisté à des étouffements de poussins par des éleveurs. Si l’éleveur ne peut plus vendre de poulets il n’achète plus de poussins. La filière avicole a enregistré des pertes de l’ordre de 3 milliards Cfa. L’IPAVIC qui venait juste d’être créée a voulu inverser la tendance, en amenant le Gouvernement à valider un plan de relance de la filière. La première étape du programme était la relance de la production des poussins. Le programme est allé bien plus loin avec l’analyse des critères de compétitivité. Avec la grippe aviaire le problème des importations du poulet congelé s’est posé avec acuité. Si les éleveurs ne pouvaient pas satisfaire la demande nationale fallait-il donner suite aux revendications de l’ACDIC ? la principale revendication de l’ACDIC était l’interdiction de l’importation de poulets congelés. Nous avons mené un certain nombre d’actions qui nous permettent aujourd’hui de dire que la filière avicole est effectivement relancée. En ce moment nous avons d’autres défis à relever.

Camerpost : quel est le niveau de production du Cameroun en ce moment ?

FOUDA OTTOU : le Cameroun est parti d’une production de 8 424 000 poulets de chair à environ 50 millions aujourd’hui. La production des œufs de consommation avait chuté en 2006. L’on est parti de 2 500 000 000 à 860 000 œufs. De nos jours l’on enregistre une production de 1 530 000 000 d’œufs. Pour le poulet de chair nous avons dépassé les chiffres d’avant crise. Pour ce qui est des œufs de consommation nous n’en sommes plus éloignés. Nous parlons ici de production annuelle.

Camerpost : la production locale du poulet de chair répond-elle à la demande ?

FOUDA OTTOU : nous parlons en termes de capacité d’absorption du marché. Pour le poulet de chair nous avons atteint le seuil de saturation du marché. Sans méthodes de transformation les éleveurs vont se décourager. Dans ce cas nous retomberons dans une production basse. Le marché alterne avec des périodes de basse et de grande consommation. Avec l’industrialisation de la filière l’on peut mieux contrôler et alimenter le marché. A côté des zones de production il existe en effet des localités qui ne produisent pas mais qui consomment. Avec le système actuel de commercialisation du poulet sur pied, il est impossible d’approvisionner les zones éloignées. Le poulet aurait le temps de mourir pendant le voyage. Selon nos traditions l’on ne consomme pas du poulet mort avant d’être saigné.

Camerpost : La production des œufs de consommation est-elle suffisante ?

FOUDA OTTOU : la demande n’est pas quantifiée. Les normes de la FAO nous servent de baromètre. Elle estime la consommation annuelle de chaque individu et détermine la quantité suffisante pour la population. Le Cameroun est en deçà de la moyenne, même si la différence n’est plus aussi importante qu’il y a 3 ou 4 mois. Parlant des œufs le Cameroun en produit suffisamment. Nous restons en dessous des normes FAO, mais les habitudes alimentaires du camerounais ne favorisent pas la grande consommation de l’œuf. Donc nous en exportons en Guinée équatoriale, au Tchad et en République centrafricaine.

Camerpost : la menace de la grippe aviaire plane-t-elle toujours sur le Cameroun ?

FOUDA OTTOU : le Gouvernement a mis en application un programme. Il y a des équipes de surveillance bactériologique qui œuvrent avec les fermiers, afin de déclarer toute anomalie dans les fermes. La grippe aviaire avait touché les élevages des Nigeria, Ghana et Egypte. Le Cameroun n’avait pas été touché. La proximité de ces pays a créé une psychose. Il existe des protocoles que tout pays doit respecter. Ils sont dictés par l’Association internationale des épizooties.

© Camerpost.com : Propos recueillis par Olivier NDEMA EPO

 

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