CAMEROUN : Paul Biya sur un nuage

La famille Moulin-Fournier (3 adultes et 4 enfants) enlevée le 19 février 2013 dans l’extrême nord du Cameroun, a été libérée aux premières heures du vendredi 19 avril 2013. Un dénouement heureux à mettre au compte d’une diplomatie discrète, pragmatique et efficace incarné par le président Camerounais Paul Biya.

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« Toutes les prises d’otages sont très durement ressenties en France. Mais celle là un peu plus qu’ailleurs parce qu’il s’agit d’une grande famille avec de petits enfants. Et c’est une grande joie cette libération…je veux vraiment chaleureusement vous remercier Monsieur le président pour ce que vous avez fait en liaison avec les autorités nigérianes et françaises ».

Ces propos du Ministre français des affaires étrangères tenus vendredi 19 avril 2013, au Palais de l’unité lors de la cérémonie organisée à l’occasion de la libération de la famille Moulin-Fournier, traduisent le soulagement de tout un peuple. Laurent Fabius dépêché en urgence par l’Elysée pour rapatrier les Moulin-Fournier n’a pas manqué de saluer l’implication personnelle du président camerounais. Paul Biya dont les rapports avec le président français sont plutôt ‘’froids’’, de l’avis de nombreux observateurs.

Cette libération revêt un double symbole. Elle redore l’image d’un homme que l’Elysée considère d’une autre époque vestige de cette veille France-Afrique que François hollande veut démanteler tout comme le souhaitait son prédécesseur Nicolas Sarkozy. Cette affaire à également le mérite d’apporter un bol d’air frais au gouvernement français au plus bas dans les sondages, malmené par l’affaire Jérôme Cahuzac et partagé sur la question du mariage pour tous.

Au Cameroun, si l’opinion est unanime quant au succès de cette libération, il n’en demeure pas moins que des questions s’imposent notamment au sujet des conditions de négociations. Des questions qui, selon Ministre de la communication Issa Tchiroma Bakary n’ont pas de raison d’être pour lui, « la presse doit focaliser sont attention sur l’essentiel et non l’accessoire, les otages ont été libéré ».