Cameroun : Pourquoi Paul Biya revalorise les primes du contingent camerounais en RCA et nomme rapidement un nouveau DG au PAD

Le chef de l'État camerounais, Paul BIYA | © AFP/PATRICK KOVARIK
Le chef de l’État camerounais, Paul BIYA | © AFP/PATRICK KOVARIK

Sur des hautes instructions du chef de l’Etat, chef des Armées, 325 éléments du contingent militaire en fin de mission en République centrafricaine ont récemment perçu le reliquat de leurs primes mensuelles à Yaoundé. Tout autant que, fait rarissime, le président Paul Biya a vite nommé un nouveau directeur général au Port Autonome de Douala (PAD), avant l’inhumation du précédent, feu Emmanuel Etoundi Oyono. Voici pourquoi…

Justice est faite, et bien rendue par le président Paul Biya…

325 bérets bleu ciel, signes distinctifs des soldats ayant servi sous la bannière de l’Organisation des Nations unies (ONU) ont récemment perçu le reliquat de leurs primes de détachement en RCA. C’était le 25 août à Yaoundé. Il s’agit, en fait, des premiers éléments du deuxième contingent camerounais de la Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies en Centrafrique (MINUSCA). Aussitôt rentré de mission qu’ils sont passés à la caisse sous des hautes instructions du président Paul Biya, par ailleurs chef des Armées. D’un contingent à l’autre, les 325 soldats camerounais de retour de Centrafrique ont été remplacés par d’autres frères d’armes. Normal donc que les vaillants soldats qui rentrent d’un pays frère et ami soient honorés pour leur bravoure dans l’action de restauration de la paix en RCA. Mission accomplie pour les 325 éléments camerounais ! Aux vaillants soldats, la patrie reconnaissante.

L’hospitalité camerounaise ne s’arrête donc pas en si bon chemin, Paul Biya l’a vite compris…

Sur très hautes instructions du chef de l’Etat, 325 militaires, sur un effectif global de plus d’un millier d’éléments, sont passés à la caisse. Justice est faite, et bien rendue par le président Paul Biya, tant il s’agit, en clair, d’une régularisation et d’une augmentation des primes décidée par le président de la République. Du coup, la décisions du chef de l’Etat a fait des heureux, tant elle fait passer la prime mensuelle des éléments de la MINUSCA de 250 000 à 450 000 FCFA par mois et par homme, soit une augmentation de 200 000 FCFA, soit une augmentation de 90 % de primes. Pour être plus concret, chaque membre dudit contingent de la MINUSCA a reçu la somme de 2,4 millions FCFA. Ils ne seront pas les seuls bénéficiaires de cette décision du président de la République. La mesure s’étend également à leurs camarades du contingent 2014-2015. Tout est bien qui finit bien, dira-t-on, le chef de l’Etat vient de donner du sourire aux militaires qui mettent en péril leur vie pour le retour à la paix définitive en RCA, surtout en ce moment d’expérimentation de la stabilité des institutions, moment délicat, s’il en est, la MINUSCA affronte les dernières poches de résistance d’une rébellion acariâtre qui a l’art de se reconstituer et constituer une menace permanente de la paix en RCA, et au Cameroun où de milliers de Centrafricains trouvent refuge. L’hospitalité camerounaise ne s’arrête donc pas en si bon chemin, Paul Biya l’a vite compris, il faut plutôt aider ce pays voisin à retrouver la paix plutôt qu’à héberger ses populations sur une partie du territoire camerounais, au risque d’importer la guerre chez nous.

La MINUSCA à bon port…

Il n’y a pas que les éléments de la MINUSCA qui ont le sourire en cette veille de la rentrée scolaire 2016-2017. Les employés et les usages du Port Autonome de Douala ne connaitront pas de hiatus temporel et fonctionnel avec le décès du regretté directeur général Emmanuel Etoundi Oyono, le 25 juillet 2016 à Paris. Le PAD a un nouveau DG ! Ainsi en a décidé le président de la république. Les choses sont allées très vite, trop vite, selon certains, au point de susciter une vaine polémique, par rapport au timing généralement observé dans la succession des défunts DG au Cameroun. Soit ! Toutefois, on ne le dira jamais assez, « le PAD, c’est le PAD » ! En attendant la mise en fonctionnement effective et la vitesse de croisière du Port autonome de Kribi, bâti en eau profonde, le PAD reste et demeure, la principale porte d’entrée et de sortie des marchandises du Cameroun.  Il représente 80 % du volume d’importation et d’exportation, et des recettes fiscales et douanières y afférentes. Cet important pole de transit pour les pays enclavés comme la RCA et le Tchad, par exemple, ne pouvait longtemps demeurer orphelin, surtout pas après le gros du travail effectué par le défunt DG, félicité par le président Paul Biya, lors de l’entretien accordé à France 24, il y a quelques années.

Membre du conseil d’administration du PAD, Cyrus Ngo’o n’est pas en terrain inconnu.

Paul Biya tenait l’ancien DG pour modèle… c’est le défi que devra relever le nouveau directeur général, Cyrus Ngo’o, administrateur civil principal de 50 ans, invité à poursuivre avec courage, pugnacité et détermination l’œuvre entamée par son prédécesseur. Membre du conseil d’administration du PAD, Cyrus Ngo’o n’est pas en terrain inconnu. Il devra mettre à profit sa « riche expérience  et ses compétences pour consolider et pérenniser les efforts de décongestion et de rentabilité du port de Douala, à laquelle le président de la République attache une importance capitale. Le chef de l’Etat a pioché l’oiseau rare. En technocrate averti, le nouveau DG répond au profil exigé. Il officiait jusque-là comme conseiller des affaires portuaires du Premier ministre. Il a en outre coordonné le projet d’exploitation du fer de Mbalam  et présidé la commission de passation des marchés du terminal à conteneurs du port de Kribi. Le PAD reste donc l’un des pôles sur lesquels compte le chef de l’Etat dans son pari économique, pour l’atteinte de l’émergence du Cameroun en 2035.

Correspondance particulière de

Jean Valère Endebe,

Économiste