Cameroun : Paul Biya discute réfugiés avec l’Union européenne – 06/05/2014

Le président de la république a reçu mardi, au palais de l’Unité, la commissaire européenne en charge de l’action humanitaire, Kristalina Georgieva.

Le président, Paul Biya, et la commissaire européenne en charge de l’action humanitaire, Kristalina Georgieva. © Photo PRC
Le président, Paul Biya, et la commissaire européenne en charge de l’action humanitaire, Kristalina Georgieva. © Photo PRC

Le Cameroun supporte une lourde charge en accueillant des personnes désespérées qui fuient la guerre en Centrafrique. Le monde en est conscient et exprime sa gratitude à notre pays. Reçue hier en milieu d’après-midi par le chef de l’Etat, la commissaire européenne chargée de la Coopération internationale, de l’Aide humanitaire et de la Réaction aux crises, Kristalina Georgieva, est venue évaluer l’impact du flux de réfugiés centrafricains sur les pays voisins. Face à la presse, elle a eu des mots de reconnaissance sur tout ce qu’entreprend le Cameroun face à cette crise. Mais elle assure qu’elle l’a confié au président de la République, l’Union européenne (Ue) partage le poids de cette charge avec notre pays. Elle précise, à cet égard, que l’Ue a décidé de doubler sa contribution financière de trois à six millions d’euros pour faire face aux besoins élémentaires des réfugiés : les soins de santé, la nutrition, entre autres. Elle affirme qu’en plus, elle a discuté avec la chef de l’Etat de la nécessité d’apporter également une aide aux communautés locales accueillant ces réfugiés. Lesquelles de ce fait, supportent directement le poids de cet afflux, au niveau des infrastructures scolaires, sanitaires, l’inéluctable hausse de prix des denrées de première nécessité, etc.

Kristalina Georgieva révèle qu’elle a également abordé les questions de sécurité avec le chef de l’Etat. Elle évoque le fait que la Cameroun ait envoyé en Centrafrique des soldats qui y risquent leur vie dans le maintien de la paix. Et qu’en plus des attaques perpétrées par des bandes armées à la frontière avec la Centrafrique, notre pays soit face à l’Ouest aux violences de la secte Boko Haram. En raison de cette situation, la commissaire européenne déclare qu’elle est d’accord avec son hôte de ce que l’Onu et l’Ue se doivent d’apporter un appui au Cameroun. Elle reconnaît toutefois que la fin des tensions sur la frontière-Est ne viendra qu’avec le retour à la stabilité en Centrafrique. Cela passe, a-t-elle dit, par le renforcement du dispositif militaire en place. Elle assure que l’Ue et l’Onu y travaillent afin que des renforts arrivent au plus vite après le vote le mois dernier d’une résolution onusienne autorisant le déploiement d’une mission de paix dans ce pays.

Clairvoyance et détermination

Ce sont 45 millions d’euros en tout que l’Ue a débloqué depuis décembre pour la Centrafrique. Elle ajoute que la Rca, longtemps oubliée dans sa crise par la communauté internationale, n’avait pas encore bénéficié d’une attention financière de cette hauteur. Celle-ci, poursuit-elle, est résolue aujourd’hui à payer la dette de cet oubli. C’est d’ailleurs, confie-t-elle, son troisième déplacement en huit mois pour cette crise. Ce qui, à son avis démontre la détermination de l’Ue à ne plus laisser la Rca seule dans son malheur.

Pour sa première rencontre avec le président Paul Biya, Kristalina Georgieva affirme qu’elle le trouve clairvoyant, déterminé et courtois. Elle ajoute qu’il montre l’exemple aux autres par la manière dont il accueille les réfugiés, en dépit de tous les risques que cela comporte. Elle loue également l’action humanitaire de la première dame du Cameroun, Chantal Biya.

L’entretien s’est achevé par une remise de cadeaux. La commissaire européenne était accompagnée de l’ambassadrice, chef de la délégation de l’Ue au Cameroun, Françoise Collet.

Source : Cameroon Tribune

Par MONDA BAKOA

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