Cameroun – Patrimoine Culturel Sawa : Fritz Ntonè Ntonè annonce la construction d’une maison de la culture

Fritz Ntoné Ntoné, délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala (CUD) | Archives/DR
Fritz Ntoné Ntoné, délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala (CUD) | Archives/DR

Dans 43 mois comme l’a relevé le délégué du Gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala par ailleurs élite sawa, la maison de la culture sawa sera érigée.

Fritz Ntonè Ntonè s’est ainsi exprimé samedi le 5 mars 2016 dans la capitale économique du Cameroun. CAMERPOST était présent à la cérémonie grandiose qui a réuni les chefs traditionnels sawa autour du président en exercice Sa Majesté Gaston Mbodi Epée. Ce dernier a d’ailleurs procédé séance tenante à une collecte des fonds.

C’est sur un site d’un demi-hectare octroyé à ladite communauté par le Chef de l’Etat que va se dresser la bâtisse culturelle baptisée « Ngondo ». « Un rêve qui se réalise enfin », dira Sa Majesté Gaston Mbodi Epée. Les élites et lui souhaitent que ce soit un point incontournable de la ville où on trouvera tout ce qui est du domaine socioculturel du patrimoine sawa. Camerpost a eu l’information selon laquelle 6 milliards de Fcfa est la somme allouée au financement de la construction de la maison de la culture sawa dont 75% par l’Etat du Cameroun à travers la Communauté urbaine de Douala.

Pour mémoire, c’est le 14 juillet 2008 que son altesse royale, le prince René Douala Manga Bell, (décédé le 06 novembre 2012) a écrit au chef de l’Etat Paul Biya afin de revendiquer au nom du peuple Sawa, la restitution d’un terrain. Des sources rapportent que moins d’un an après cette correspondance, en janvier 2009, Paul Biya instruit la rétrocession de la parcelle de terrain située à Bessèkè à l’instance faîtière de la communauté Sawa afin de lui permettre, de construire les infrastructures dédiées  au Ngondo. Une fête culturelle des peuples côtiers du Cameroun célébrée chaque année. Il regroupe les clans qui ont en commun le culte de l’eau. Le Ngondo  présente plusieurs volets : l’immersion du vase sacré, l’élection d’une miss,  la course de pirogue qui est la phase finale sur les berges du Wouri.

Une trentaine d’ethnies qui se recensent dans les provinces du Littoral et du Sud-Ouest participent  à la célébration de cette fête annuelle, au travers des compétitions  qui regroupent des peuples Sawa, Tondé, Jébalé, Ewodi, Bakoko, Bassa (…) Concernant le premier volet, l’immersion du vase sacré, aspect mystique du Ngondo est l’occasion pour ce peuple de communier avec ses ancêtres. En effet, un émissaire descend dans le Wouri pour y rechercher les messages des divinités de l’eau. Les « myengu » (sirènes) transmettent par ce moyen des messages. Selon les croyances du regroupement, les esprits de l’eau aident même à l’application des instructions, qui sont des sources de bénédictions. Le messager va mettre environ cinq minutes sous l’eau, et revenir avec un message qui sera interprété par les anciens.

© CAMERPOST par Linda Mbiapa