Cameroun : parvenir au statut de pays à revenu intermédiaire, « une entreprise titanesque » selon la BM

Parvenir au statut de pays à revenu intermédiaire, « une entreprise titanesque » pour le Cameroun selon la BM | Illustration/DR

La Banque mondiale (BM) a qualifié d’«entreprise titanesque» l’ambition du Cameroun de parvenir au statut de pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure en 20 ans.

Dans le Mémorandum économique (CEM) 2017 intitulé «Marchés, administration publique et croissance», qu’elle vient de présenter, cette institution constate qu’après un certain succès initial, avec une croissance réelle passée de 1,9 % à 5,9% entre 2009 et 2014, le pays est de nouveau confronté à des tensions budgétaires, son risque de surendettement étant passé de «faible» à «élevé» en seulement 3 ans.

La faible compétitivité de l’économie camerounaise à l’échelle nationale, régionale et internationale est, selon la BM, «un indicateur des distorsions qu’entraîne la forte participation de l’État à l’activité économique».

Ainsi, au Cameroun, classé 109ème sur 144 pays en matière de vitalité de la concurrence au niveau national, et 78ème en ce qui concerne l’efficacité de la politique de concurrence, la très forte participation de l’État dans le secteur productif limite la concurrence locale.

Selon le CEM de la BM, seules quelques grandes entreprises se partagent la plupart des secteurs et sous-secteurs de l’économie : 31 % des entreprises manufacturières opèrent en situation d’oligopole, de duopole ou de monopole, contre respectivement 25% et 22% au Kenya et au Ghana.

Une seule entreprise est active dans les sous-secteurs représentant des intrants essentiels, pour d’autres activités telles que les télécommunications, les transports, l’électricité et, même lorsque l’État n’est pas l’actionnaire majoritaire, il dispose souvent de droits particuliers renforçant son influence sur les décisions de l’entreprise.

Pour devenir un pays à revenu intermédiaire haut d’ici 2035, le Cameroun, selon le CEM, devra accroître sa productivité et libérer le potentiel de son secteur privé.

Dans le même ordre d’idées, son produit intérieur brut (PIB) réel devra croître d’environ 8%, toute chose nécessitant une augmentation du taux d’investissement d’environ 20% du PIB à 30% et une croissance de la productivité de 2% par an, comparé à son taux moyen de croissance de 0% au cours de la dernière décennie.

«Il est temps que le Cameroun adopte un ensemble coordonné de politiques publiques afin de s’éloigner d’une stratégie de croissance ancrée sur l’accumulation de capital», recondamne la BM pour qui cette approche permettrait de promouvoir la croissance en augmentant la production, en stimulant l’innovation, en favorisant la compétitivité et en encourageant la concurrence au niveau local, régional et mondial.

Ce n’est que de cette manière, estime-t-elle, que l’État pourra se retirer de la production pour se recentrer sur ses fonctions fondamentales de régulation et de promotion économique.

© CAMERPOST avec © APA

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