Cameroun : Orientation des sociétés d’Etat vers les prêts non souverains de l’ AFD – 19/06/2015

Alamine Ousmane Mey, ministre camerounais des Finances | Photo d'archives
Alamine Ousmane Mey, ministre camerounais des Finances | Photo d’archives

Sept entreprises camerounaises, dont le capital social est majoritairement contrôlé par l’Etat, ont été invitées à participer, le 16 juin 2015, à un atelier de formation sur les mécanismes d’accès aux financements non souverains de l’Agence française de développement (AFD), qui ont la particularité de ne pas être garantis par l’Etat.

«Dans un monde globalisé où la concurrence est rude, il n’est plus possible pour nous de nous cantonner à des sources de financements traditionnelles», a déclaré le ministre des Finances, Alamine Ousmane Mey, pour justifier la tenue de cette rencontre à laquelle ont pris part les responsables de Camtel, des Aéroports du Cameroun (ADC), de la Sonara, du Feicom, du Port autonome de Douala, de Camwater, et de la Société camerounaise des dépôts pétroliers (Scdp).

Au cours de cette rencontre, il a été question «de préparer les entreprises à mieux connaître la grille de lecture de l’ AFD, de leur présenter les pré-requis nécessaires pour obtenir un prêt» non souverain, a indiqué Hervé Conan, le directeur de l’ AFD au Cameroun. Parmi ces pré-requis, a-t-on appris, les entreprises doivent obtenir une notation financière auprès d’une agence de notation.

L’on se souvient qu’en décembre 2013, le ministère des Finances avait déjà conviés quatre (Camtel, SCDP, PAD et Camwater) des sept entreprises publiques citées plus haut à un séminaire d’information sur l’évaluation du risque de crédit auprès des agences de notation, préalable à toute opération de recherche de financements sur le marché des capitaux. A ce jour, seul Camtel, l’opérateur public des télécoms a tenté cette expérience auprès de l’agence Bloomfield Investment, qui lui a attribué la note BBB.

Des sociétés aux «piètres résultats»

A l’occasion de la rencontre de décembre 2013, les responsables du ministère des Finances n’avaient pas caché que cet atelier découlait de la volonté du gouvernement de mettre progressivement un terme à sa politique d’assistanat, qui prend la forme de subventions de plus en plus pesantes pour les caisses de l’Etat, et de garanties pour les crédits contractés par les sociétés publiques et parapubliques.

En effet, les subventions et les garanties accordées par l’Etat camerounais à ses sociétés sont de plus en plus jugées inefficaces par les experts, qui y voient une sorte de rente qui ôte aux sociétés publiques toute ambition ou obligation de compétitivité. Dans un rapport sur l’économie camerounaise, le FMI, qui soulignait au passage les «piètres résultats» enregistrés par ces entreprises, malgré les subventions de l’Etat, avait recommandé au gouvernement d’assortir lesdites subventions de cahiers de charges de plus en plus rigoureux.

En 2014, c’est le régulateur du marché financier camerounais, la CMF, qui, dans une note au gouvernement, l’invitait à ne plus venir mobiliser les fonds pour le compte de ses entreprises sur le Douala Stock Exchange (Dsx), mais de les encourager à venir sur ce marché financier par eux-mêmes, afin de lever des fonds leur permettant de réaliser leurs projets.

Source : © Investir Au Cameroun

Par Brice R. Mbodiam