Cameroun – Opération Épervier : Jusqu’où ira Shanda Tonme

Pr. Shanda Tonmè. | Ph. JBT / Archives
Pr. Shanda Tonmè. | Ph. JBT / Archives

Engagé dans un plaidoyer visant les victimes du célèbre rapace, l’auteur du livre « J’ai compris Yves Michel Fotso », multiplie les rencontres avec les forces vives de la nation.

Par ces temps difficiles, l’homme ne ménage pas ses efforts. Shanda Tonme a pris son bâton de pèlerin et parcourt le Cameroun, à la rencontre des forces vives de la nation : autorités administratives, religieuses et traditionnelles, élus divers, acteurs économiques, etc.  Objectif, les sensibiliser sur les bienfaits qu’une grâce présidentielle en faveur des prisonniers de l’Opération Epervier -au-delà du cas de Yves Michel Fotso pourrait apporter à toute la nation camerounaise.

« Le message que je porte est celui d’une demande de réconciliation des Camerounais, du pardon et de la miséricorde. Je ne suis pas dans une logique de démonstration, d’accusation ou de division. Mais plutôt dans une démarche de rassemblement et de pardon », précise-t-il. Pour légitimer son action et lui donner une résonnance nationale, Shanda Tonme sait qu’il faut rallier à cette cause le plus grand nombre. Mais plutôt qu’une pétition qui a un côté directif qui siérait mal avec la noblesse de l’acte, il a fait le choix de commencer par la sensibilisation de certains acteurs et institutions dont la notoriété et l’autorité peuvent aider à donner du poids à cette action.

Autorités publiques (préfets, gouverneurs, sous-préfets), autorités religieuses, autorités traditionnelles et acteurs économiques (chambre de commerce, Gicam, etc.) constituent à cet effet des cibles de choix. Après la région de l’Ouest où il a rencontré entre autres le sultan-roi des Bamouns Ibrahim Mbombo Njoya, Shanda Tonme et sa délégation (qui se compose de personnes de bonne volonté) a séjourné à Douala où il a eu des discussions avec diverses personnalités dont l’archevêque de Douala, Mgr Samuel Kléda, le Cardinal Tumi, le préfet du Wouri, les chefs sawa et les responsables de la Chambre de commerce.

A chaque étape, outre la remise d’un exemplaire de son dernier livre : « J’ai compris Yves Michel Fotso », il a expliqué à ses hôtes son plaidoyer et les a invités à le soutenir. Le prochain déploiement annonce une descente dans le Mfoundi, siège des institutions de la République avant un périple qui conduira Shanda Tonme dans le septentrion. A terme, l’initiateur de ce vaste plaidoyer entend parcourir tout le territoire national, du nord au sud et de l’est à l’ouest.

Certes, le porte-étendard de cette action reste le cas d’Yves Michel Fotso, mais au-delà de lui, c’est l’ensemble des prisonniers de l’opération Epervier qui sont concernés. Car pour Shanda Tonme, c’est bien simple : l’Opération Épervier aurait pu être menée différemment. « Ce que je dis, c’est que nous devons en revenir à plus de réserves dans le jugement, à plus de relativité et à une meilleure appréciation du contexte. Ma position est que nous aurions pu procéder autrement, gérer les fautes des uns et des autres d’une autre manière, avec d’autres arguments, d’autres procédés et d’autres outils.

Cette opération n’a réussi qu’à fracturer le pays, à générer d’infinies rancœurs et à nous faire nous regarder en chiens de faïence ». C’est la quintessence du message que le plaidoyer qu’il porte cherche à faire passer, ce qu’il appelle « le temps de l’unité absolue ». Jusqu’où est-il prêt à aller pour cela et, surtout, serat-il entendu ?

Source : © Le Messager

Par ENAOU Mè NGAMA

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