Cameroun – ONU : Stephen O’Brien promet l’appui de l’ONU dans la lutte contre Boko Haram

Stephen O'Brien, secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires | © UN
Stephen O’Brien, secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires | © UN

Invité spécial à l’occasion de la commémoration des 70 ans de l’organisation, le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Stephen O’Brien, a rassuré vendredi à Yaoundé le gouvernement camerounais de l’appui constant des Nations Unies pour l’aider à résoudre les crises sécuritaires et humanitaires qui affectent le pays, dont celle liée à Boko Haram.

En provenance de Bangui en République centrafricaine (RCA) où il est aussi allé évaluer la gravité des récentes violences, qui ont causé plus de 40 morts et entraîné une nouvelle vague de plus de 42.000 déplacés, venus s’ajouter à plus de 412.000 autres qui avaient déjà fui leurs maisons auparavant, M. O’Brien, par ailleurs coordonnateur des sources d’urgence de l’ONU, s’est par la suite entretenu avec le Premier ministre, Philemon Yang.

“C’est un privilège et un honneur pour moi de visiter le Cameroun et de participer aux festivités marquant la Journée des Nations Unies (…) Cette occasion me donne l’opportunité d’examiner avec les autorités de ce pays les actions de coopération à mener pour répondre aux besoins humanitaires dus à l’insécurité engendrée dans l’Est par la crise centrafricaine et les violences causées par Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord”, a-t-il déclaré à Xinhua.

Cette double crise représente un défi énorme pour le pouvoir camerounais qui, en plus d’œuvrer à sortir de la pauvreté près de la moitié de quelque 22 millions d’habitants de sa population, se trouve submergé par la présence sur son sol de 350.000 à 500.000 réfugiés, parmi lesquels plus de 70.000 Nigérians ayant fui leur pays à cause de Boko Haram et plus de 252.000 Centrafricains également chassés par le conflit dans leur pays, selon des chiffres officiels.

Cette situation, a déploré Najat Rochdi, représentante-résidente du Programme des nations Unies pour le développement (PNUD) coordinatrice du système des Nations Unies au Cameroun, a entraîné un accroissement de l’insécurité du fait de la circulation des armes dans le pays et des tensions intercommunautaires entre les populations locales et les réfugiés.

Au cours de l’année qui s’achève, l’assistance humanitaire due à cette urgence a été financée à hauteur de 140 millions de dollars (70 milliards de francs CFA) de la part de partenaires internationaux.

C’est un montant insuffisant par rapport aux besoins, qui enregistrent un gap de 153 millions de dollars (76,5 milliards de francs CFA), fait constater la responsable onusienne.

“La famille des Nations Unies continuera à travailler, en étant unie dans l’action, a-t-elle promis, aux côtés de l’Etat camerounais pour apporter sa contribution à la résolution des problèmes urgents des régions affectées et continuer de soutenir les efforts vers l’émergence du pays”.

Ce soutien entend aussi se manifester dans la réalisation dès janvier 2016 des Objectifs du développement durable (ODDs) qui viennent d’être adoptés en marge de la 70e session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies le mois dernier à New York et pour lesquels le Cameroun lui-même fonde des espoirs pour accélérer son développement socioéconomique à la traîne.

Des aides octroyées par les Nations Unies en 2015 ont été bénéfiques pour l’amélioration de la productivité des filières oignon et riz, dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord, du Nord-ouest de l’Ouest.

Des prêts d’un montant total de 700 millions de francs CFA (1,4 millions de dollars) ont été accordés pour l’amélioration de l’accès des producteurs ruraux aux services financiers, dans le cadre d’un Fonds de facilitation de l’accès aux crédits à moyen terme.

Un programme de promotion de l’entreprenariat agropastoral des jeunes (PEA-Jeunes) a été conclu pour offrir aux jeunes hommes et femmes camerounais les moyens d’accroître leurs revenus et d’améliorer la sécurité alimentaire à travers des entreprises rentables, intégrées dans les filières agropastorales porteuses.

D’un coût de 67 millions de dollars (33,5 milliards de francs CFA) d’ici à 2012, ce programme prévoit la création de 4.687 entreprises agropastorales et le développement de 353 entreprises existantes portées par des jeunes des régions du Centre, du Littoral, du Nord-ouest et du Sud.

Le ministre des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella, a salué ces actions, qui renforcent selon lui les efforts du gouvernement visant à assurer à son peuple “un développement intégré endogène et sécurisé”. A ses yeux, c’est un très grand défi que l’entrée en vigueur attendue des ODDs vient accentuer.

“Comme dans le cadre de la mise en œuvre des OMD, a-t-il souligné, le Cameroun, ancienne pupille des Nations Unies, sait pouvoir compter sur l’accompagnement de l’Onu pour pouvoir d’ici 2030 réaliser des progrès significatifs dans l’atteinte des 169 cibles des 17 ODD”.

Et d’ajouter: “Un travail préalable nous attend toutefois: procéder à la sélection des indicateurs, mettre en place un mécanisme de suivi adéquat et fédérer toutes les énergies et ressources, y compris celles de la société civile”.

Source : © Agence de presse Xinhua

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