Cameroun : les nouvelles orientations de la lutte contre le VIH/Sida

Les nouvelles orientations de la lutte contre le VIH/Sida | © LNE
Les nouvelles orientations de la lutte contre le VIH/Sida | © LNE

Il s’agit entre autres du dépistage systématique de toute personne en formation sanitaire, du déploiement des accompagnateurs sociaux et des prix subventionnés des examens biologiques.

D’après la dernière enquête qui date de 2011 sur le VIH, les chiffres officiels indiquent que le taux de prévalence dans le Littoral est de 4.3%. Ce taux pour la ville de Douala précisément est de 4.6%. Une enquête qui fait savoir également que la couche la plus touchée est féminine.  Pour réduire cette tendance et s’inscrire davantage à la politique des 90-90-90, qui stipule que 90% de la population devront connaître leur statut sérologique, et que les 90 testés positifs reçoivent un traitement antiviral et 90 parmi ces derniers doivent avoir une charge virale indétectable, le ministère de la santé a défini un plan de renforcement, de consolidation et de l’accélération de la thérapie antirétrovirale. On parle précisément des tests de dépistage rapide du VIH, de l’approche tester-traiter, des paquets subventionnés des examens biologiques, des prix subventionnés des examens biologiques, du plan d’enrôlement pour des laboratoires pour l’examen de la charge virale et la création des nouvelles unités de prise en charge.  Ceci ayant pour seul but, la réduction de la propagation du virus et stopper l’évolution du virus chez les personnes positives.

D’après Dr  Noel Essomba, coordonnateur régional de la lutte contre le sida, plusieurs travaux scientifiques révèlent que moins de 5% de nouvelles infections proviennent des individus connaissant leur statut sérologique. Ceci dit, plus de 95% de nouvelles infections proviennent des personnes ignorant leur statut et qui contaminent de manière inconsciente leur partenaire.  Connaître son statut sérologique devient ainsi la méthode offensive. « Car si notre sérologie est négative, nous adoptons et une fois pour toute des comportements de nature à nous protéger. Et si notre statut est positif, nous bénéficierons immédiatement et sans condition du traitement antirétroviral, qui lorsqu’il est bien respecté rend notre charge virale indétectable et nos chances de développer de nouvelles infections très faibles », explique Dr Noël Essomba.

Programme vacances sans sida

C’est davantage pour contribuer à cette lutte que le programme vacances sans sida a été mis sur pied.  Rendu à sa 14ème édition, les activités ont été lancées ce mercredi 3 août 2016 à Douala et verront ainsi la participation de 50 pairs éducateurs. Ce sont donc les grandes vacances et les jeunes se livrent à cet effet à plusieurs activités telles que les soirées récréatives, les colonies de vacances et autres semaines culturelles qui favorisent par ailleurs le risque.  Il va donc s’agir pour ces pairs éducateurs de sensibiliser ces jeunes et de ramener dans un délai de 30 jours au moins 5000 jeunes au dépistage dans la ville de Douala.   Le thème de cette année qui s’intitule, « les gos disent stop », est selon les organisateurs, assez révélateur. « Le thème voudrait inviter les jeunes et particulièrement la jeune fille, indifféremment de son âge et de son statut, à participer, par une action préventive forte et curative, à inverser la malencontreuse tendance épidémiologique qui est jeune et féminine », ajoute le coordonnateur du programme de lutte contre le Sida pour la région du Littoral. L’objectif global de cette campagne pour cette année, est de susciter la prise de conscience et réduire le risque de contamination aux Ist et au VIH/Sida auprès d’au moins 30 mille jeunes scolaires, universitaires et jeunes sans emploi pendant les vacances 2016.

Source : © La Nouvelle Expression

Par Lucienne Wouassi