Cameroun : nouvelle grève au chantier du barrage hydroélectrique de Lom Pangar – 07/11/2014

Vue sur le chantier du site de construction du barrage hydraulique de Lom Pangar. © Odilia Hebga/World Bank
Vue sur le chantier du site de construction du barrage hydraulique de Lom Pangar.
© Odilia Hebga/World Bank

Les quelque 1500 employés du chantier de barrage hydroélectrique de Lom Pangar (Est du Cameroun) ont entamé un arrêt de travail d’une durée indéterminée jeudi soir pour revendiquer l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail, ainsi que leur immatriculation à la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), a appris APA de sources concordantes.

On a appris ce vendredi que le sous-préfet de Belabo, Mebenga Yaya, s’est rendu sur le terrain en vue de décanter la tension sociale.

C’est le énième mouvement d’humeur qui intervient dans ledit chantier, qui constitue l’un des projets majeurs du pays en ce moment et dont la mise en eau partielle est prévue en septembre 2015.

Pourtant, le 5 novembre dernier, au terme d’une réunion de crise relative à une autre grève des ouvriers, il avait été exigé du constructeur, l’entreprise China International Water Corporation (CWE), ‘’qu’il respecte ses engagements et se conforme à la législation du travail en vigueur au Cameroun”.

Les points de friction concernaient l’immatriculation et les cotisations sociales des ouvriers à la CNPS, le paiement de primes de rendement, d’ancienneté, de risque et salissure et de fin de chantier.

L’opérateur était également invité à procéder à la résiliation du contrat du restaurateur SOFACO, ‘’notoirement défaillant dans la réalisation de ses engagements contractuels et à son remplacement par un nouveau prestataire compétent et ayant une bonne surface financière dans un délai maximum de deux semaines”.

Il devait en outre produire la liste de tous les cas d’accidents de travail des ouvriers sur le chantier, et ressortir clairement les cas d’accidents de travail qui n’auraient pas été pris en charge.

CWE était enfin mis en garde ‘’de tenir ses engagements, afin de contribuer à mettre un terme aux arrêts de travail intempestifs qui bloquent l’évolution du chantier”.

Joints au téléphone par APA, des responsables d’Electricity Development Corporation (EDC), société de patrimoine et maître d’œuvre de Lom Pangar, n’ont pas caché leur courroux contre les tergiversations récurrentes de l’entrepreneur chinois, ‘’qui, disent-ils, ne joue pas franc jeu” alors qu’il continue de percevoir régulièrement les acomptes financières et à bénéficier d’avenants contractuels.

EDC affirme aussi avoir pris sur lui de satisfaire certaines revendications à caractère financier des ouvriers, qui n’étaient pas prévues dans le cahier de charges.

Dans le même temps, et sous le sceau de l’anonymat, ils dénoncent ‘’la fourberie” et ‘’les manipulations” de certaines élites de la région de l’Est ainsi que d’organisations non gouvernementales, qui s’emploient dans l’ombre à saboter la bonne réalisation du chantier.

Il convient de noter qu’un épique bras de fer a récemment opposé la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés (CNDHL) et EDC, le premier accusant l’autre d’avoir empêché l’accès de sa mission d’enquête sur le site de construction du barrage hydroélectrique, où des ouvriers locaux se plaignaient de maltraitances de la part du constructeur chinois.

Ces accusations d’obstruction furent balayées d’un revers de la main par l’entreprise de patrimoine, estimant qu’elles ‘’ne reflètent nullement la vérité”.

Lom Pangar, qui aura une puissance installée de 30 mégawatts est, en dehors de l’apport financier de l’Etat du Cameroun, cofinancé par la Banque mondiale (BM, 66 milliards FCFA), la Banque européenne d’investissement (BEI, 19,7 milliards FCFA), la Banque africaine de développement (BAD, 33 milliards FCFA), la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC, 20 milliards FCFA) et l’Agence française de développement (AFD, 39,3 milliards FCFA).

Pour un délai d’exécution de 38 mois, la centrale comportera notamment une ligne de transport de 90 kilovolts sur une longueur de quelque 120 kilomètres, l’implantation d’un barrage muni d’un ouvrage de régulation des débits, d’une structure de prise d’eau usine, d’un évacuateur de crues et d’une hausse fusible, le développement, la construction et le fonctionnement d’un réservoir de 6 milliards de mètres cubes de 540 kilomètres carrés.

© CamerPost avec © APA

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