Cameroun : un nouveau cadre de partenariat d’une valeur de 680 millions de dollars avec l’ ONU (PAPIER GENERAL)

Un nouveau cadre de partenariat d’une valeur de 680 millions de dollars avec l’ ONU | © AFP/ILLUSTRATION

Une enveloppe de 680 millions de dollars (environ 340 milliards de francs CFA) est prévue pour financer un programme d’assistance des Nations Unies au Cameroun sur la période 2018-2020 et permettre la réalisation de projets concourant à l’accélération du développement économique et social dans ce pays d’Afrique centrale.

Poids lourd pour près de 40% du produit intérieur brut (PIB) de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC, composée en outre du Congo-Brazzaville, du Gabon, de la Guinée équatoriale, de la République centrafricaine et du Tchad), le Cameroun n’a malheureusement pu réaliser à l’échéance de 2015 la quasi-totalité des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) adoptés en 2000 à New York par les Nations Unies.

Fin 2009, le gouvernement avait annoncé l’adoption d’un Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE) prévoyant la réalisation au cours de la décennie 2010-2020 d’une série de projets d’infrastructures d’envergure, à l’exemple du port en eau profonde de Kribi ou encore le barrage hydroélectrique de Memve’ele construits dans le Sud avec l’aide de la coopération chinoise.

Le but de cet outil est d’accroître la compétitivité de l’économie nationale et de favoriser la concrétisation de l’ambition déclarée du chef de l’Etat, Paul Biya, de faire du Cameroun une économie émergente à l’horizon 2035.

Le plan d’assistance des Nations Unies ou UNDAF 2018-2020 signé vendredi à Yaoundé entre le ministre camerounais de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Louis Paul Motaze, et la coordinatrice résidente du système des Nations Unies au Cameroun, Najat Rochdi, en a fait son point d’ancrage.

Selon le ministre de l’Economie, il intervient “dans un contexte international particulièrement difficile en raison des incertitudes qui pèsent sur l’économie mondiale, de l’aggravation de la pauvreté dans la partie septentrionale du pays, de la dégradation de certains indicateurs de santé maternelle et infantile, de l’afflux des réfugiés et des déplacées internes du fait de la crise centrafricaine et des attaques inopinées de la secte Boko Haram”.

Touché par les attaques de la secte islamiste nigériane Boko Haram depuis 2013 notamment dans la région de l’Extrême-Nord, cause d’environ 210.000 déplacés internes, le Cameroun abrite sur son sol près de 75.000 réfugiés nigérians, venus s’ajouter à plus de 253.000 ressortissants centrafricains à l’Est ayant aussi fui les violences dans leur pays, d’après une estimation de l’ONU.

Sur une population estimée à plus de 22 millions d’habitants, l’on dénombre aussi quelque 8 millions de pauvres et 3,2 millions de personnes en besoin d’assistance d’urgence, principalement dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord, de l’Adamaoua et de l’Est, à en croire la même source.

Face à ces défis, le pays d’Afrique centrale “n’est pas totalement à l’abri du risque de voir les efforts qu’il déploie pour améliorer le cadre de vie de ses populations sérieusement compromis”, s’inquiète M. Motaze.

Grâce à sa structure économique relativement diversifiée et la variété de ses partenaires commerciaux internationaux avec en tête la Chine, il se distingue toutefois par des performances économiques en nette amélioration illustrées par un taux de croissance moyen du PIB de l’ordre de 4,7%. En 2015, cette croissance était même proche de 6%.

Résultat d’un processus de consultations des différentes composantes de la population, y compris du secteur privé et de la société civile, le nouveau cadre de partenariat avec l’ONU prévoit de mettre l’accent sur la construction d’une économie solide, diversifiée, résiliente et qui ne laisse personne en marge, la réduction de l’extrême pauvreté, etc.

Il prend en compte les crises sécuritaire et alimentaire dans les régions du Nord et de l’Est et comporte quatre axes d’intervention principaux : le développement des opportunités d’emploi et de l’inclusion sociale, la santé et la nutrition, l’éducation et la formation professionnelle, puis la résilience, le relèvement précoce et la sécurité alimentaire.

Pour la coordinatrice résidente du système des Nations Unies, Najat Rochdi, les populations affectées par les crises évoquées “ont subi plusieurs chocs qui ne sont pas de leur dû, des chocs environnementaux à cause des inondations, des chocs sociaux, des chocs économiques et bien évidemment sécuritaires, et il est fondamental qu’on leur permette de retrouver une vie normale”.

“Notre objectif n’est pas de continuer l’assistance indéfiniment, précise-t-elle, mais bien au contraire d’outiller et d’équiper les populations pour qu’elles puissent elles-mêmes en être un acteur au niveau du développement”.

De l’avis de Charles Assamba Ongodo, directeur général de coopération et de l’intégration au ministère de l’Economie, le programme est aligné sur la période 2018-2020 “pour rattraper justement la fin du DSCE. Ça veut dire que nous ne sortons pas d’un cadre que nous avons défini ensemble et qui tient compte de l’actualité des vulnérabilités conjoncturelles”.

Plus de la moitié des 680 millions de dollars du fonds prévu “sont à rechercher”, c’est-à-dire restent encore à mobiliser, annonce le ministre Louis Paul Motaze.

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