Cameroun-Nigeria-Tchad : Réouverture des frontières après plus d’un an de fermeture

Des militaires nigériens en patrouille à Bosso à la frontière avec le Nigeria, le 25 mai 2015 | © AFP/Archives / ISSOUF SANOGO

Les frontières entre le Cameroun, le Nigeria et le Tchad, fermées depuis plus d’un an à cause des attaques de la secte islamiste nigériane Boko Haram, ont rouvert après que cette dernière a été acculée dans ses derniers retranchements par la force régionale de la Commission du Bassin du lac Tchad (CBLT) à laquelle ces trois pays voisins participent.

Fin novembre, les autorités camerounaises ont annoncé une réouverture partielle de la frontière longue d’environ 400km qui sépare la région camerounaise de l’Extrême-Nord du nord-est nigérian, principal fief du groupe djihadiste affilié à l’Etat islamique (EI).

Sans tarder, Boko Haram a attaqué une position de l’armée camerounaise dans cette région, tuant six soldats et un civil, selon un bilan officiel.

Conscient de l’importance d’un tel acte pour sa propre économie, les autorités de Yaoundé ne se sont pas laissé intimider, maintenant leur décision de permettre par cette réouverture des frontières la relance des échanges avec son voisin et principal poids lourd économique de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

En raison de la menace terroriste qui pèse lourdement sur les activités, le Cameroun, lui-même locomotive économique de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), a enregistré une baisse drastique des recettes douanières et fiscales, sa principale source de ressources budgétaires, dans l’Extrême-Nord.

Voie de transit vers la mer pour le Tchad et point d’arrivée à Kribi (sud) de l’oléoduc acheminant le brut tchadien extrait à Doba (sud) vers les marchés internationaux, le Cameroun joue aussi un rôle de trait d’union économique entre N’Djamena et Abuja.

C’est notamment via Kousseri et Fotokol, localités de l’Extrême-Nord camerounais, que la capitale tchadienne, N’Djamena, est reliée à Maiduguri, grand foyer commercial du nord-est du Nigeria qui attire des commerçants de divers horizons, en provenance tant du Cameroun que du Tchad.

Au grand bonheur des commerçants et des services douaniers et fiscaux de leurs pays respectifs, ce couloir a retrouvé une certaine animation après avoir été au ralenti voire à l’arrêt sous l’effet des attaques répétées de Boko Haram qui, face à l’offensive de l’armée camerounaise, a usé de mines antipersonnel pour couper la circulation sur des axes routiers du pays.

Cette stratégie, appliquée dès la fin 2014 et qui s’est amplifiée en 2015, a été particulièrement ressentie sur l’axe Mora-Kousseri qui joue un rôle capital dans le transport des marchandises entre N’Djamena et Douala, la métropole économique camerounaise. Des dizaines de camionneurs ont également été tués par Boko Haram lors d’attaques visant à s’emparer des biens.

Les conséquences étant énormes pour l’économie tchadienne, le président Idriss Déby a alors décidé de déployer pendant quelques mois au Cameroun et au Nigeria jusqu’à 5.000 soldats pour s’associer aux efforts d’éradication du groupe terroriste.

La coopération militaire entre les trois pays, suivie du lancement de la force multinationale mixte (FMM) de la CBLT, à laquelle participe également le Niger, lui aussi affecté par la menace islamiste, a permis de redonner du souffle à ces échanges économiques, après la destruction de bases importantes de Boko Haram et la reprise de villes au Nigeria.

Ces échanges s’opèrent en partie via des canaux informels, ce qui ne permet pas une bonne évaluation de leur contribution réelle au produit intérieur brut (PIB) du Nigeria et de ses deux voisins d’Afrique centrale, pourtant soucieux de tirer profit des opportunités d’affaires offertes par son grand marché de plus de 170 millions de consommateurs.

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