Cameroun-Nigéria : Péril sur les échanges commerciaux – 29/08/2014

Le 18 août 2014, afin de se prémunir contre l’épidémie de l’Ebola, qui sévit en Afrique de l’Ouest et dont des cas ont été signalés au Nigéria, les autorités camerounaises ont décidé de fermer les frontières avec la première économie du continent africain.

La frontière du Nigéria et du Cameroun, 14 juillet 2010 (DR)
La frontière du Nigéria et du Cameroun, 14 juillet 2010 (DR)

Avec son marché de près de 170 millions de consommateurs, le Nigéria est le premier fournisseur du Cameroun (22 et 17,8% des importations en2011 et 2012), avec lequel les échanges culminent à 382 milliards de francs Cfa par an, selon le ministère camerounais du Commerce, sans compter les produits de la contrebande, qui a pignon sur rue de part et d’autre de la frontière de 1500 Km que partagent les deux pays.

Dix jours après cette décision de fermeture des frontières, des complaintes se font déjà jour. «Je devais aller au Nigéria renouveler certains contrats avec mes fournisseurs. Mais, je n’ai pas pu le faire à cause de cette décision gouvernementale», confie Christopher Lena, vice-président des commerçants nigérians du Camp Yabassi, à Douala, haut lieu de vente de pièces détachées essentiellement importées du Nigéria. «J’ai passé des commandes au Nigéria. Malheureusement, elles ne sont pas encore arrivées à cause de la fermeture des frontières», affirme un autre ressortissant nigérian.

En effet, dans les prochains jours, les vendeurs de pièces détachées pour véhicules craignent des ruptures de stocks. Idem pour les commerçants d’appareils électroniques, de produits de beauté, des détergents et de multiples friandises importées du Nigéria, qui inondent le marché camerounais. Dans le même temps, la vente des produits pétroliers dans la partie septentrionale du pays, approvisionnée essentiellement à partir du Nigéria, devrait également connaître un coup de frein.

Les agriculteurs camerounais commerçant avec le Nigéria, et principalement les producteurs de «l’Okok», un légume très prisé au Nigéria et pour lequel il existe une véritable filière au Cameroun, ont également de bonnes raisons de s’inquiéter. De même que la société Aluminium du Cameroun (Alucam), contrôlée par Rio Tinto Alcan, et dont les filiales Alubassa et Socatral sont de grandes pourvoyeuses d’ustensiles de cuisine et de tôles en aluminium au marché nigérian.

Source : Investir Au Cameroun

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