Cameroun – Newtown Aéroport : 15 adolescent fuguent en direction de l’Europe – 06/02/2015

 Une vue du quartier Newtown Aéroport à Douala. | Crédit photo: Josiane Kouagheu
Une vue du quartier Newtown Aéroport à Douala. | Crédit photo: Josiane Kouagheu

Emoi dans le quartier après la disparition de ces enfants séduits par d’autres, via Internet.

Régine Nicole Aye a du mal à retrouver ses esprits, à trouver des mots pour dire ce qu’elle ressent. Sait-elle-même ce qu’elle ressent ? « Leur numéro ne passe plus. Ça me fait un genre… ». Cette mère de famille habitant le quartier Newtown Aéroport fait partie des parents dont certains des rejetons ont pris, il y a quelques jours, la route de l’Europe. « 15 enfants dont la moyenne d’âge est de 14 ans », explique le chef de quartier, Abdou Ramanou, que CT a eu au téléphone. Deux filles dans le groupe, dont celle de Maman Régine, la petite Flore, 14 ans. Le dernier contact, elle ne peut pas l’oublier, remonte « au jour du match où on a tapé les Lions ». Ce 28 janvier, donc. Selon nos informations, c’est ce jour-là que la bande de gamins a entamé son voyage. L’appel venait alors d’Ikok, vers la frontière avec le Nigeria, dans le département de la Manyu (Sud-Ouest).

Hier en mi-journée, non loin du collège Pozam, dont certains fugueurs étaient des pensionnaires, le cyber café où ces jeunes aventuriers préparaient leur périple était ouvert. La tenancière reconnaît qu’ils y étaient réguliers. Elle a entendu parler de leur échappée, et admet : « Ils disaient souvent qu’ils vont partir, qu’ils seront comme ceux qui sont déjà partis. Mais je ne savais pas quand ils allaient le faire ». A ce qu’il semble, ces gosses recevaient, via le réseau social Facebook, des photos de camarades partis chercher aventure avant eux… Des images suffisamment séduisantes pour les décider à tenter leur chance aussi.

D’après la tenancière, ils avaient élaboré une carte, ou mieux, un itinéraire Nigeria-Niger-Mali (ou Algérie)-Maroc-Espagne. Entre deux exclamations de détresse, reconnaît l’existence de cette « feuille de route », se lamente que le plus âgé de cette équipée n’ait que 17 ans. Et déplore de devoir dépenser le peu d’argent qu’elle a en coups de fils incessants depuis que cette situation est survenue.

Aux dernières nouvelles, assure le chef de quartier, quatre de ces enfants sont revenus. Ils auraient décidé de rebrousser chemin au niveau de la frontière. CT n’a pas pu les rencontrer, mais a appris qu’ils sont actuellement refermés sur eux-mêmes, avares en paroles. Quid de la dizaine d’autres ? « Pour le moment nous n’avons aucune idée de leur position exacte », explique le chef de quartier. Les autorités compétentes sont néanmoins saisies, relève-t-il.

Source : © Cameroon Tribune

Par Alliance NYOBIA

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
wpDiscuz