Cameroun – Mutilations génitales féminines : « Le temps de la négociation est révolu » selon Marie Thérèse Abena Ondoua

Marie Thérèse Abena Ondoua, ministre camerounais de la promotion de la femme et de la famille (MINPROFF) | Ph. Archives

La déclaration, est de la ministre de la promotion de la femme et de la famille (MINPROFF) devant la recrudescence du phénomène des mutilations génitales féminines.

L’appel fait par la ministre de la promotion de la femme et de la famille sonne comme un ras-le-bol des pouvoirs publics dont les actions de sensibilisation contre toutes les formes de mutilations génitales féminines n’ont pas pu baisser la courbe. Mais au contraire, le phénomène croît en intensité.

C’est grave

S’exprimant à l’occasion de la 10ème édition de la campagne, ‘’tolérance zéro’’ aux mutilations génitales féminines, Marie Thérèse Abena Ondoua a trouvé l’opportunité d’attirer l’attention de la communauté nationale et même internationale sur l’ampleur du phénomène qui touche les femmes au Cameroun. Le thème de cette commémoration était : « Etablir un lien solide interactif entre l’Afrique et le reste du monde afin d’accélérer les limitations des MGF, d’ici à l’an 2030 ».

Selon Madame la ministre de la promotion de la femme et de la famille, Marie Thérèse Abena Ondoua « La déclaration 2011 sur la démographie et le suivi sanitaire des populations, le taux de prévalence du phénomène de mutilations génitales féminines (MGF) au Cameroun est de 1,4 % sur l’ensemble du territoire national. Et de 20 % dans les zones de prédilections (régions de l’Extrême-nord et du Sud-ouest) » a déclaré le ministre.

Vers la répression

Devant la déliquescence de la situation, la ministre Marie Thérèse Abena Ondoua a salué les efforts de sensibilisation fait jusqu’ici par les pouvoirs publics, les organisations Non gouvernementales, les mouvements associatifs et autres acteurs. Elle a regretté que la tendance ne soit pas en baisse. La pratique tend à prendre de l’ampleur dans les villes comme Yaoundé et Douala.

Occasion aussi pour le membre du gouvernement de donner la position des pouvoirs publics « Le gouvernement dit non à cette pratique qui affecte la sexualité et la reproduction humaine » a déclaré Abena Ondoua qui ajoute que « Le gouvernement met un accent sur la mobilisation communautaire, l’assistance psychologique des victimes et l’impact socio-économique de l’excision» a expliqué Mme Marie Thérèse Abena Ondoua.

Le message fort de cette édition de la campagne contre les mutilations génitales féminines reste, le plaidoyer pour une application sans complaisance de la loi sur la répression des actes relevant de la pratique au Cameroun « Quelque soit la forme, la mutilation génitale féminine, constitue désormais une infraction pénale et que les contrevenants en courent des sanctions prévues par la loi. Le temps de la négociation est révolu » a tenu à préciser le MIPROFF. Elle a appelé tout le monde à dénoncer les auteurs de telles pratiques afin que l’action des pouvoirs publics soit efficace. On appelle MGF, des interventions qui altèrent ou lèsent intentionnellement les organes génitaux externes de la femme pour des raisons non médicales.

Rappelons qu’au sens de la loi, l’article 272 du code pénal camerounais dispose qu’est puni d’un emprisonnement allant de 10 à 20 ans pour quiconque « Procède à une mutilation de l’organe génital d’une personne quelque soit le procédé ».

A ce titre, les potentielles victimes peuvent dès lors se sentir protégées et les auteurs désormais au parfum de la loi.

 © CAMERPOST par Augustin TACHAM

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