Cameroun – Mouvement d’humeur : les commerçants marchent dans la ville de Bamenda

Les commerçants marchent dans la ville de Bamenda | © LNE
Les commerçants marchent dans la ville de Bamenda | © LNE

Ils ont fermé tous leurs commerces. Et se sont rendus en masse chez le gouverneur pour  crier leur colère.

Boutiques fermées, carrefour des services du gouverneur barricadé, ces commerçants et les Bayam sellam protestent contre la hausse des taxes et des prix de location des boutiques dans les marchés de la cité de Bamenda, tel que prescrit, disent-ils par le délégué du gouvernement de de la communauté urbaine de Bamenda. Ces prix de locations des boutiques dans les quatre grands marchés de Bamenda à savoir, le marché de Nkwen, de Ntarikong, de Food Market et le marché central sont exorbitants, «on nous demande de payer 20500 Fcfa pour une boutique alors qu’on payait 10.000 Fcfa par mois, vous voyez du simple au double, ce n’est pas la première fois, lorsque l’actuel  délégué du gouvernement a pris fonction il a augmenté le prix de la location de 5000 Fcfa, donc on payait 5000 Fcfa par mois  avant son arrivé, il a doublé ces prix on n’a pas protesté, maintenant il veut encore doublé la location, nous disons non, on va payer avec quoi ?  Nous n’arrivons même pas à vendre » explique un manifestant. Pour ce qui est des Bayamsellam, explique Marie Thérèse du marché de Nkwen. «La Communauté urbaine exige une somme de 500 Fcfa par jour au lieu de 100 Fcfa comme par le passé, nous n’avons même pas l’espace pour vendre, je vends un sac de légume et je gagne 1000 voire 1500 Fcfa, la communauté veux prendre 500 Fcfa, je vais nourrir ma famille avec quoi ? Envoyez les enfants à l’école avec quel argent ?, nous maintenons les 100 FCfa qu’on payait par jour »,  explique cette dame de quatre enfants.

Cette  grève déclenchée dans un premier temps le mois dernier, avait été stoppé par les autorités pour ramener les parties prenantes aux négociations. La marche de ce mardi donc témoigne du fait que ces commerçants et les responsables de la communauté urbaine ne sont pas tombés d’accord. Ce mot d’ordre de grève selon a été lancé par l’association des commerçants et de Bayamsellam de Bamenda. Dans la ville, la grève a été largement suivie par non seulement les propriétaires des boutiques et Bayamsellam, mais aussi par la majorité de la population. Du marché central de Bamenda, en passant par le marché des vivres, le marché de Ntarikon et celui de Nkwen, Ces commerçants ont marché dans la ville en guise de protestation direction les services du gouverneur de la région du nord-ouest. Le Secrétaire de la région du Nord-ouest Absalon Monono Woloa a reçu les manifestants, et après concertations a prescrit que les anciens prix de location des boutiques soit maintenus jusqu’à nouvel ordre. Ainsi, les boutiques des marchés de Nkwen, Ntarikong, et Food market sont maintenue à 8000 Fcfa le mois, celui du marché central maintenu à 10000 FCFA. La Bayam sellam aussi vont contunuer a payé 100 Fcfa de taxe comme par le passé.

Un doigt accusateur sur le délégué du gouvernement

Cette marche de protestions des commerçants et des Bayam sellam témoigne du caractère tendu de la relation entre le premier magistrat de la ville Vincent Ndumu Nji et les populations de Bamenda. La grande curiosité de cette marche de protestation, ce sont les messages portés sur des pancartes accrochées ou brandies par des manifestants. Ces messages parfois assez osés, portent tous un doigt accusateur sur le délégué du gouvernement a qui l’on attribue l’état cahoteuse actuel de la ville de Bamenda. «Les ordures ont envahi la chaussée qui  pollue l’environnement », « non aux odeurs nauséabondes que dégage les bacs à ordures »,  «les moustiques des saisons de pluie ont fait place dans nos maisons», «nous sommes exposé à toutes sortes d’intoxications et de maladies», sont d’autres messages portés par la foule. A cela s’ajoute, l’état actuel du tronçon routier dans la ville de Bamenda. Avec les travaux d’aménagement sur les conduits pour la distribution de l’eau dans la ville par les chinois, les routes de la ville subissent des casses partout pour faire passer les tuyaux, ce qui laisse la boue à travers la ville créant d’énorme embouteillage et un environnement très salle. Mohamed  un chauffeur précise que  «la route  devient un véritable parcours de combattant». Ici, ajoute l’autre, «il faut, même pour le conducteur le plus habile, faire montre d’une dextérité avérée». Un sol boueux et presque mouvant amplifie la difficulté. La voie a longtemps perdu les qualités classiques d’une route. La dégradation donne l’allure de véritables cratères…

Source : © La Nouvelle Expression

Par Fréderic Takang

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