Cameroun – Micro-finance : Du rififi à Comeci

Du rififi à Comeci | © CIN
Du rififi à Comeci | © CIN

De nombreux épargnants ayant entendu parler de difficultés de la micro-finance se sont rués vers les guichets.

La fin de semaine dernière a été agitée pour la Compagnie équatoriale pour l’Epargne et le Crédit (Comeci). Une information laissant entendre que la micro-finance connaissait des tensions de trésorerie s’est répandue comme une traînée de poudre, à Douala notamment, et a provoqué un afflux massif d’épargnants vers les guichets. Il en est résulté une réelle tension. « Nous étions en train de gérer, ici à la direction générale, des clients préparant ce qui s’appelle cassation dans les tontines. Aux autres clients présents, nous avons demandé de patienter un peu. Le problème est parti de là », explique à CT ce lundi 29 juillet un responsable de l’établissement financier.

L’effet ne s’est pas fait attendre, avec en filigrane, pour nombre d’épargnants, le spectre de la Compagnie financière de l’Estuaire (5), micro-finance tombée en faillite il y a quelques années. Différentes agences de la ville ont été prises d’assaut, que ce soit au centre-ville, comme à Akwa, où à la périphérie (« Village », etc.). Hier, à l’agence Comeci de Bonamoussadi plusieurs clients sont venus retirer de l’argent, sans succès. « Je voulais faire un retrait ce matin, et à ma grande surprise, on me dit que ce n’est pas possible. Le militaire de garde m’a dit qu’il y a eu des dégâts », explique David Nadah, épargnant. Il poursuit : « J’étais là samedi à 15h pour un retrait, mais l’agence était fermée, alors qu’à cette heure-là, elle est généralement ouverte ».

A l’intérieur, une employée renvoie au lendemain quelques clients désireux de retirer des fonds. L’argument est que l’agence est, pour ainsi dire, sinistrée. Munie d’un balai, une dame rassemble des bris de verre. Et la vitre de la caisse est brisée. Un témoin confiera plus tard à CT que c’était le fait d’un client venu là vendredi pour prendre de l’argent. « Il a demandé 5 millions, ils ont dit qu’ils ne pouvaient pas. Il est descendu à un million et on lui a proposé 400 mille, en lui expliquant qu’il y avait d’autres usagers à servir. Il s’est alors énervé et a frappé la vitre ». Les responsables sur place n’ont ni confirmé ni infirmé cette information, nous renvoyant vers la direction générale.

Au siège, à Akwa, l’ambiance est plus calme que durant le week-end. Mais la préoccupation des clients reste perceptible. Parce qu’il est toujours difficile d’effectuer des retraits d’un certain montant. « Ils proposent dix à vingt mille francs aux gens, pour ceux qui veulent un dépannage ! », relève une mère de famille qui évoque la rentrée scolaire imminente. « Mais ils ont dit que ce sera bon à partir de mercredi », ajoute-t-elle.

D’où vient cette assurance ? De la lettre de confort que Comeci a reçue du fonds d’investissement Grand Impex Trading Ltd, laquelle ouvre la voie à un « important financement », qui va contribuer à la « restructuration en cours » de la micro-finance, selon un communiqué qu’elle a rendu public. Au moment où nous allions sous presse, les deux parties s’apprêtaient à conclure un accord de financement d’une hauteur de 50 milliards de francs.

Source : © Cameroon Tribune

Par Alliance NYOBIA