Cameroun – Médicaments de la rue : 40% d’antipaludéens sont contrefaits

40% des médicaments antipaludéens vendus dans la rue sont contrefaits | © Pixabay/Illustration
40% des médicaments antipaludéens vendus dans la rue sont contrefaits | © Pixabay/Illustration

Cette contrefaçon est à l’origine des milliers de décès par an, selon les experts de plusieurs organisations internationales agissant contre les faux médicaments.

Le commerce du médicament de la rue est une activité lucrative au Cameroun. Dans la capitale camerounaise, Yaoundé, deux marchés voient l’activité est dynamique, et l’on parlerait d’une presque officialisation du phénomène car le les rayons sont achalandés de ses produits de provenance douteuse.

Les marchés de Mokolo et le marché central au centre commercial de Yaoundé, abritent le gazon comme on les appelle ici. Ce sont des centaines de personnes qui exercent depuis des dizaines années à la barbe des autorités administratives et sanitaires.

Prix de la qualité

         « Le bénéfice selon, les acteurs est à 100%. Au poteau, le médicament n’a pas de prix fixe. Le vendeur vous cueille comme vous l’abordé. Le médicament est marchandé, ce qui n’est pas le cas en pharmacie ».

A l’occasion de cette journée mondiale contre le commerce du faux médicament, une opération coup de poings a  été lancée. Au marché central, les cartons de médicaments ordinairement déposés à même le sol, ont temporairement disparu. Mais les dealers rodent autour à l’affût de potentiels clients. Pierre, une quarantaine, vient de descendre d’un taxi, les yeux larmoyant, il présente une ordonnance avec un air d’empressement à un vendeur. Il veut un anti paludéen. Visiblement, son ordonnance provient d’un centre hospitalier de la place. La négociation commence, le nécessiteux déclare sur un ton d’énervement « si je suis venu ici, c’est parce que ça coûte cher à la pharmacie. Mais si ici je dois souffrir, ça ne vaut pas la peine ». Pierre tente ensuite de mettre son téléphone en gage, puisque la situation presse. Un accord trouvé, le Sieur Pierre repart en courant.

La marque du faux médicament

Selon, les chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 30% des médicaments contrefaits viennent des pays asiatiques. Un spécialiste en santé communautaire qui a requis l’anonymat, explique que pour comprendre la problématique du faux médicament, il faut savoir qu’un bon médicament, c’est celui qui se vend dans un lieu approprié et chimiquement, contient un principe actif. Le faux médicament se vend dans des lieux non indiqués (bord de route, sur un comptoir dans au marché et non à la pharmacie ou dans un centre hospitalier, NDLR), c’est celui qui est impropre à la consommation. Le faux médicament est falsifié, il ne renferme pas de principe actif. Il contient un surdosage, sinon un sous dosage.

Ses conditions de conservations sont quelconques. Au Cameroun, les bons médicaments sont certifiés par le Cename, passent par la chromatographie, et reçoivent du ministère de la santé une autorisation de mise au marché-AMM. Ils sont étiquetés par un code barre, qui permettent la traçabilité. Il faut vérifier la date de péremption.

Ces précautions, n’intéressent pas le Camerounais ordinaire qui a seul objectif, acheter le produit qui aille avec le volume de sa poche.

© CAMERPOST par Augustin TACHAM

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4 Commentaires sur "Cameroun – Médicaments de la rue : 40% d’antipaludéens sont contrefaits"

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Carine Ngontep

que penser lorsquuon sait que meme certaines pharmacie s approvisionnent chez les grossistes de rue? a Dieu seul de veiller sur nous

Philippe Ligny

Que font les services de contrôle ?

Maxime Perrin Pehuie Mbevo

L min sante fait dc kw ??

Maxime Perrin Pehuie Mbevo

C malheureux

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