Cameroun – Média : Le scandale autour du concours de l’Iric fait débat – 09/03/2015

Jacques Fame Ndongo, Ministre camerounais de l’enseignement supérieur.
Jacques Fame Ndongo, Ministre camerounais de l’enseignement supérieur.

Le talk politique « Policam » sur Radio Tieumeni Siantou (RTS) est revenu samedi dernier sur la publication des résultats de la filière diplomatie.

La polémique au sujet de l’admission à l’Institut des relations internationales du Cameroun (Iric) a ravi la vedette à la célébration de la Journée internationale de la femme (JIF). Samedi 7 mars  dernier à Yaoundé, Eric Boniface Tchouakeu, le présentateur, a consacré les 120 minutes de l’émission à l’Irc. Il a fallu que la régie d’antenne lui accorde un quart d’heure supplémentaire pour qu’il évoque la JIF avec ses invités. Ces derniers étaient cinq : Pr Hubert Mono Ndzana, philosophe, militant du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) ; Jean Takougang, ministre dans le Shadow Cabinet du Social Democratic Front (Sdf) ; Alice Sadio, secrétaire général de l’Alliance des forces progressistes ; Mohamadou Talba, secrétaire national à la communication de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) et Dr Paul Abouna, anthropologue, enseignant à l’université de Yaoundé I.

Ce qu’il est convenu d’appeler « l’affaire de l’Iric » a donné lieu à une passe d’armes au sujet de l’équilibre régional. Pour Jean Takougang, « il n’est pas possible qu’un candidat qui était vice-major sur la première liste des résultats publiés disparaisse au profit d’un autre candidat moins méritant que lui et issu d’une autre région, sous le prétexte de l’équilibre régional. Sauf à vouloir donner l’impression que l’on voudrait privilégier une personne précise ».  Mohamadou Talba estime pour sa part que « si les conditions de correction du concours ont été honnêtes, l’équilibre régional ne pose pas de problème. Quant au principe, l’équilibre régional nous a permis d’éviter certaines situations de conflits comme dans certains pays. Mais maintenant, le temps est venu d’exiger autre chose ». Le Pr Mono Ndzana souligne que « le problème de l’équilibre régional est fondé. Quand vous faites de la démocratie, vous devez tenir compte de toutes les voix qui compte et pas seulement celles des meilleures. Mais la cupidité et les pressions financières peuvent fausser les résultats d’un concours au point de faire croire au public que l’équilibre régional est une mauvaise chose ».

Reprenant les dispositions du décret de septembre 1982, fixant les quotas d’admission dans les concours administratifs, Dr Paul Bouna rappelle que « 19% des places sont attribués pour le Centre-Sud, l’Est 4%, le Littoral 12%, le Nord (qui comprend aujourd’hui les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord » 30%, le Nord-Ouest 12%, l’Ouest, 13%, le Sud-Ouest 8% et les anciens militaires 2% ». Pour Alice Sadio, « j’aurais hésité à signer la première liste telle qu’elle a été présentée par le jury avec l’absence de quatre région. Mais je persiste à dire que peut-être le problème de l’équilibre régional reste sensible parce que la nation n’est pas encore consolidée plus de 50 ans après l’indépendance. C’est le moment de le faire pour sortir du saupoudrage de l’équilibre régional. L’émission a reçu plusieurs contributions des auditeurs, dont celle d’un des membres du jury (Pr Messanga Nyamding), du Dr Fogué Tedom du Mouvement pour la renaissance du Cameroun et de Hilaire Kamga. Ce qui a poussé  le ministre de l’Enseignement supérieur à réagir.

Source : ©  Cameroon Tribune

Par MESSI BALA

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