Cameroun – Me Akere Muna : « Ma conscience demeure mon juge et je suis convaincu de n’avoir commis aucun délit »

Me Akere Muna | Crédit photo : © Sharon Farmer/sfphotoworks
Me Akere Muna | Crédit photo : © Sharon Farmer/sfphotoworks

Ces propos de Me Akere Muna pourraient donner raison à des intellectuels comme Alex Gustave Azebaze, journaliste défenseur des droits humains. Lui qui, dans une de ses publications sur Facebook, a trouvé troublante à plus d’un titre, la convocation de l’avocat Me Akere Muna. Un avis qui a d’ailleurs attiré l’attention de CAMERPOST.

A propos de ladite convocation de Me Muna, il vient d’expliquer pourquoi il a été entendu au Secrétariat d’Etat à la Défense (Sed). D’après le concerné, le 20 mars 2017 il a reçu une convocation le sommant de se présenter au Sed le 22 mars dernier. Du fait d’engagements pris antérieurement à cette convocation, il dit avoir été contraint d’informer le Sed de son intention de respecter ses engagements professionnels en Afrique du Sud prévus le même jour et l’empêchant d’honorer ladite convocation à cette date. « Je me suis toutefois proposé de me présenter dans ses services une fois de retour au Cameroun, le vendredi 24 mars 2017 », écrit l’avocat.

Chose dite, chose faite. Vendredi, en effet, il s’est rendu au Sed accompagné du Bâtonnier de l’Ordre des Avocats du Cameroun, de quatre anciens Bâtonniers du Cameroun, ainsi que de nombreux autres avocats. « À mon arrivée, j’ai trouvé plus d’une centaine d’avocats qui attendaient déjà à l’extérieur du Sed et qui ont continué d’attendre pendant tout le temps que je me faisais interroger par un lieutenant de la Gendarmerie Nationale », fait savoir le compatriote avant d’indiquer que les accusations portées contre lui sont les suivantes : hostilité contre la patrie, apologie du terrorisme, sécession, révolution,  insurrection et atteinte à la sécurité de l’Etat.

A L’ORIGINE

Me Muna révèle que les accusations portées contre lui découleraient de deux articles que « j’ai écrits et qui ont été publiés dans le Quotidien Le Jour. Le premier, publié le 19 Décembre 2016 et intitulé (La Nature Inévitable du Changement), portait sur l’inutilité d’une résistance au changement. Quant au second article, il a été publié le 10 Janvier 2017 sous le titre (Le Cameroun est Un et Indivisible : Quel Cameroun ?). Il portait notamment sur les questions relatives à l’unité de notre pays ». Concernant l’enquête à proprement parler, elle a été initiée par le Commissaire du Gouvernement du Tribunal Militaire. « J’ai répondu en toute honnêteté à toutes les questions qui m’ont été posées, toujours en réaffirmant tout ce dont je demeure convaincu et défendant mes propos relayés dans les articles de presse précédemment cités. Quelques heures plus tard, j’ai été autorisé à quitter les locaux de la Gendarmerie. Le rapport d’enquête sera transmis au Commissaire du Gouvernement », rapporte l’avocat.

Il n’a pas manqué d’exprimer sa gratitude pour les marques d’attention et de soutien dont il a pu faire l’objet sur la toile et au-delà. À ceux qui, inquiets pour sa sécurité, l’ont suggéré de rester hors du Cameroun, « je vous dis merci de vous être souciés de moi. Cependant, ma conscience demeure mon juge et je suis convaincu de n’avoir commis aucun délit. J’aime mon pays et je continuerai toujours de m’exprimer dans l’intérêt d’un avenir meilleur », dixit Me Muna.

© CAMERPOST par Linda Mbiapa