Cameroun – Mauvaise politique de gestion forestière du bassin du Congo : La société civile saisit l’Ambassadeur du Japon

Claude Bitangou, Expert judiciaire en audit forestier | © CAMERPOST / Linda Mbiapa
Claude Bitangou, Expert judiciaire en audit forestier | © CAMERPOST / Linda Mbiapa

La lettre que vient d’adresser Claude Bitangou, Président national de l’Organisation camerounaise pour la protection de l’arbre à l’Ambassadeur du Japon au Cameroun porte en objet : « Japon International Coopération Agency  Dans une mauvaise procédure de gestion des forêts du bassin du Congo ». D’après l’Expert judiciaire en Audit forestier rencontré ce mardi 5 avril 2016 par CAMERPOST, « nous interpellons l’Ambassadeur sur la mauvaise démarche diplomatique qu’il a envisagée entre la Commission des forêts d’Afrique centrale (Comifac) et la Japan International Cooperation Agency (Jica) au cours d’une réunion tenue à Douala le 26 janvier dernier ».

 Rencontre au cours de laquelle, apprend-t-on, il a été décidé de partager l’expertise japonaise via la gestion des forêts du bassin du Congo. Un objectif louable qu’a salué l’Organisation camerounaise pour la Protection de l’Arbre. Mais là où le bât blesse et ce qui a poussé celle-ci à écrire une correspondance, c’est « le choix du partenaire politique qui est la Comifac. La réussite de la bonne gestion des forêts du bassin du Congo nécessite la coopération ou la jonction avec la société civile et les communautés riveraines du bassin du Congo et non avec les hommes politiques uniquement », fait savoir Claude Bitangou.

L’interlocuteur soutient mordicus qu’avec la Comifac, on court vers de nouveaux échecs en matière de gestion forestière du bassin du Congo, le plus important massif forestier au monde après l’Amazonie. « Cette coopération avec la Comifac a pour conséquence le fait que les peuples ne bénéficient pas des retombées provenant du Bassin du Congo en raison de mauvaises procédures de la Coopération avec les partenaires étrangers. Les Européens ayant politisé la gestion des forêts dans le bassin du Congo en excluant ses riverains », explique le président de l’Organisation camerounaise pour la protection de l’Arbre. En guise de solution, il propose que pour remonter le moral des habitants frustrés, il faudrait les associer à un partenaire forestier apolitique respectable, soucieux et acquis aux problèmes de gestion forestière. « Il faut, en outre, que les Experts Japonais revoient le choix de leur partenaire qu’est la Comifac pour la bonne réussite de leur mission dans le bassin forestier du Congo. Les pays asiatiques en particulier le Japon, ne doivent pas suivre les traces de la politique de gestion des forêts instaurée par les européens en Afrique », suggère le compatriote.

Par ailleurs, de par la volonté des chefs d’État exprimée lors de la Déclaration de Yaoundé de mars 1999, la Comifac est l’unique instance politique et technique d’orientation, de coordination, d’harmonisation et de décision en matière de conservation et de gestion durable des écosystèmes forestiers et de savanes en Afrique Centrale. Elle a élaboré et adopté en février 2005 un Plan de Convergence pour une meilleure gestion et conservation des forêts d’Afrique Centrale. Le programme Cawhfi accompagne le plan de convergence de la Commission des Forêts d’Afrique Centrale dans l’intérêt de promouvoir la conservation et la gestion durable des écosystèmes forestiers du Bassin du Congo.

© CAMERPOST par Linda Mbiapa

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
wpDiscuz