Cameroun – Marché Mokolo : La vie reprend son cours après les violences

Les forces de sécurité au marché Mokolo le 07 janvier dernier | DR
Les forces de sécurité au marché Mokolo le 07 janvier dernier | DR

Cette marche réputée par son désordre urbain a été le théâtre de scènes violentes le jeudi 07 janvier 2016.

« Lorsque ces malfrats sont venus au marché Mokolo jeudi j’étais sur les lieux. Je me trouvais chez mon bijoutier pour retirer mes parures. C’est par un coup de chance que lui et moi on a pu échapper à ces bandits », lance avec beaucoup d’émotion Cécile Nkoulou, femme au foyer. Cette dernière se souvient encore des récents évènements qui ont secoué le marché Mokolo et nécessitant l’intervention énergique de la police camerounaise. Elle n’est pas la seule à avoir gardée de très mauvais souvenirs de cette matinée. Ulrich Fodjo, sauveteur au marché Mokolo depuis presque 4 ans a aussi vecu la scène jusqu’au bout. « Je n’ai même pas compris ce qui se passait. Je me trouvais avec une cliente lorsque j’ai attendu les gens cries et courir dans tous les sens. Ma cliente et moi on s’est caché derrière un comptoir et on est ressorti lorsque la police est arrivée », explique-t-il avec peine.

De ce fait, depuis le passage de ces malfaiteurs, l’atmosphère est tendue. Sur les lieux, les commerçants vaquent tant bien que mal à leurs occupations sous le regard vigilant des éléments de forces de l’ordre. Toutes les minutes, à pied ou véhiculés, les agents de la police patrouillent munis de casques et de matraques. D’autres agents de maintien de l’ordre sont simplement stationnés dans les coins et recoins du marché. « Grace à la présence de la police, je ne me suis jamais sentie aussi en sécurité au marché Mokolo. Les pickpockets vont un peu nous laissé respirer », déclare avec beaucoup d’humour Chancelle, étudiante dans une université de la place, venue faire ses achats au marché.

Ainsi donc, que ce soit aux lieux dits « Mokolo Elobi », « Mokolo Sapeurs », « marché des vivres frais », la présence des forces de l’ordre se fait ressentir. Cependant le désordre urbain qui y règne a repris son cours. Bouchons interminables, les passants qui se marchent pratiquement sur les pieds pour circuler, les vendeurs à la sauvette, plus connus sous le nom de « sauveteurs », occupent toujours la chaussée, hélant et harcelant les potentiels clients pour leur proposer leurs marchandises.         

En effet, ce déploiement musclé est à l’origine de la ruée jeudi dernier de jeunes habitants du quartier Briqueterie venus venger la mort d’un des leurs, lynché quelques jours plus tôt pour cause de vol de moto. Les assaillants armés de couteaux, de machettes et de lances avaient poignardé des commerçants, des mototaximen et des passants qu’ils rencontraien au marché. Le bilan des attaques était énorme. De nombreuses personnes blessées et transportées à l’hôpital et de nombreuses marchandises volées. Après quelques heures d’affrontement, policiers et gendarmes avaient réussi à sécuriser le marché.

Juste après ces attaques, une  réunion d’évaluation s’était tenue en présence du délégué régional de la sécurité publique pour le Centre et du sous-préfet de Yaoundé II Nji Yampen Ousmanou. Il s’agissait d’assurer la sécurité dans les quartiers ciblés. Notamment Mokolo et Briqueterie. Dans une interview publiée par le quotidien national vendredi dernier, Nji Yampen Ousmanou a indiqué que 350 personnes suspectées d’avoir participé à cette « expédition punitive » ont déjà été interpellées. Selon lui, les forces de l’ordre sont décidées à appréhender tous les malfrats qui avaient par ailleurs tenté de vandaliser le commissariat du 2e arrondissement. Il a aussi interpellé les commerçants à une plus grande implication dans la recherche de ces malfrats.

© CAMERPOST par Germaine Lambo

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