Cameroun : Un manœuvre perd la vie dans un chantier de construction

Un manœuvre perd la vie dans un chantier de construction | © CAMERPOST / Augustin TACHAM

L’infortuné a été englouti par la terre sous les yeux terrifiés et impuissant des autres ouvriers et, même la prompte arrivée des sapeurs-pompiers n’a pas suffi pour lui sauver la vie.

Tentative de sauvetage

C’est un jeune garçon, illustre inconnu, la vingtaine dépassée dont le corps a été étalé dans l’arrière de la Pick-up de la police du commissariat du 6ème arrondissement de Yaoundé au quartier Etoudi. Le fait du jour, c’est au quartier Emana, lieu dit Super Garage, à quelques mètres de l’axe, Yaoundé-Bafoussam. Ici, un chantier imposant se dresse le long de la route.  Il est presque 13 heures vendredi dernier, lorsque de vaillants agents du corps des sapeurs pompiers en mission de secours creusent avec vigueur et prudence la terre. Au moment de la fouille, on retient le souffle. Entre trois et quatre mètres du sol, on tire un corps inerte. Le corps du robuste garçon, a une température encore presque normale, signe qu’il a rendu l’âme, il y a quelques minutes plutôt.

Le drame

Selon un camarade de chantier, la fosse en langage technique est appelée, la semelle, sorte de trou dans lequel, les poteaux de la maison sont fixés. Dans la fosse, de deux compartiment, explique t-il « Moi, je devais creuser à 3,5 mètres alors que lui devait arriver à 4 mètres de profondeur parce que le site a une pente. J’ai vu partir devant moi, le bloc qui nous séparait pour l’engloutir. Pris de peur, j’ai juste vu l’autre garçon avec qui, il était dans la fosse se battre pour sortir » déclare un autre manœuvre.

Pour son compère de fosse, visiblement encore dans un état de choc et qui tremble « Moi, j’ai vu le bloc venir de face et j’ai tenté de sortir, mais lui, il a reçu le bloc de l’arrière sur sa nuque. Donc impossible de s’en sortir si ce n’est un miracle ».

De l’identification

Tentatives faites sur lieu du drame, impossible d’avoir ni son nom, sa date et lieu de naissance voire son pseudonyme.

Selon, un manœuvre du chantier en question, l’accidenté est arrivé seulement hier. Il dit ne rien savoir du défunt puisqu’ils ne sont pas dans le même secteur. Et, bien plus, il ne parle pas. Pour celui qui l’a vu mourir « Il m’a raconté une histoire terrible sur sa vie. Il m’a affirmé être venu à Yaoundé en aventure, il y a un peu plus de six. Il dit tout ignorer de ses parents. Il a poursuivi avoir été abandonné par sa mère à la naissance et a eu la vie sauve jusqu’ici grâce à une dame bienfaitrice. C’est tout. Et, tout à l’heure au moment de prendre la pause-repas de midi, il a voulu finir cette partie avant de se reposer. Je l’ai suivi et voilà ».

Côté du chef chantier, aucune information sur son identité, une chose curieuse en somme pour un employeur.

De l’indignation

A l’observation, le chantier est tenu par des mains inexpertes. Visiblement, c’est du bricolage. Dans un commentaire, un agent du corps des sapeurs pompiers estiment que c’est du bricolage car aucune mesure de prudence.

Un riverain, est indigné de voir cela se produire. Il déclare avoir vu pourtant un Caterpillar dans ce chantier, il y a quelques jours. « Pourquoi le caterpillar n’a-t-il pas fait ce travail ?». Il conclu que c’est le genre de travaux à l’emporte pièce qui se fait chez avec des bricoleurs à bon marché.

La tâche s’annonce donc difficile par la police et la gendarmerie du quartier Etoudi, pour les enquêtes afin de trouver, des membres de la famille du décédé.

© CAMERPOST par Augustin TACHAM

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