Cameroun – Majorité électorale : faut-il revoir l’âge ?

Faut-il revoir la majorité électorale au Cameroun ? | Ph. ©  CT
Faut-il revoir la majorité électorale au Cameroun ? | Ph. © CT

Le débat qui ne date pas d’aujourd’hui refait surface.

La question fait de plus en plus débat. En réalité, ce débat ne date pas d’aujourd’hui. Il ressurgit plutôt avec les mêmes passions et la même interrogation de fond à savoir : « Faut-il revoir la majorité électorale au Cameroun ? »
La question n’est pas sans objet puisque la majorité électorale au Cameroun est de 20 ans. L’alinéa 3 de l’article 2 de la Constitution lié au titre premier relatif à l’Etat et à la souveraineté est clair et sans équivoque : « Le vote est égal et secret. Y participent tous les citoyens âgés d’au moins 20 ans ».  En fait, seuls les citoyens ayant au moins 20 ans sont autorisés à s’inscrire sur les listes électorales et accomplir le devoir de voter. Force est cependant de constater que ces privilégiés ont une prérogative à côté d’autres Camerounais qui auraient certainement souhaité se retrouver dans la même situation qu’eux. Il suffit d’observer l’engouement suscité par la première inscription auprès de quelques jeunes pour se rendre compte que le devoir de voter est un privilège auquel de nombreux citoyens aspirent.
Certes,  tout le monde ne peut pas voter. Ni au Cameroun. Ni ailleurs. Néanmoins, il convient d’intégrer certaines réalités. Parmi lesquelles la responsabilité pénale. L’alinéa 4 de l’article 80 de la loi N° 2016/007 du 12 juillet 2016 portant Code pénal énonce : « Le majeur de 18 ans est pleinement responsable ». C’est tout dire par rapport à la capacité d’assumer ses responsabilités à cet âge-là. C’est pour cette raison que certains estiment qu’à l’âge de 18 ans, le citoyen peut assumer toutes ses responsabilités y compris celle de voter si la loi lui en donne la possibilité. La notion de responsabilité à l’âge de 18 ans est d’autant plus évidente que l’alinéa 3 de l’article 80 reconnaît que « Le mineur âgé de plus de 14 ans et de moins de 18 ans, pénalement responsable, bénéficie de l’excuse atténuante ». De là à solliciter l’harmonisation entre la majorité pénale et la majorité électorale, il n’y a qu’un pas que beaucoup n’hésitent pas à franchir.
La majorité électorale pourrait alors être révisée et ramenée à 18 ans au même niveau que la majorité pénale. Tant il est vrai qu’on ne peut pas être pénalement responsable est l’être moins au plan civique. Ou alors, on ne peut pas être responsable au plan civique et l’être moins au plan pénal. Quoique déterminant, cet argument ne saurait faire pencher la balance pour ou contre la révision de la majorité électorale. Ce n’est pas l’objet de cette tribune. Il s’agit plutôt d’ouvrir le débat.

Source : © Cameroon Tribune

Par Paul EBOA