Cameroun – Lutte contre la surdité et cécité : Des spécialistes se concertent à Douala

Une opération de la cataracte | Illustration/DR
Une opération de la cataracte | Illustration/DR

Cinq jours. C’est la durée que s’est donné l’Institut panafricain de psychomotricité et Relaxation (Ippr) pour former les psychomotriciens. Du 23 au 27 février 2016, un séminaire se tient dans la capitale économique autour du thème : « la prise en soins psychomoteurs des pathologies de l’enfant ».

A l’instar de l’autisme, hyperactivité, difficultés scolaires, retard de développement psychomoteur, la surdité-cécité. Ce dernier cas qui fait la spécificité dudit séminaire. Parents, enseignants, responsables des crèches et centres de soins, proches des sourds-aveugles, suivent les travaux avec une attention particulière. Ceci au regard du fait que le sourd ou malentendant est un handicap parfois moqué, souvent incompris. « Contrairement à d’autres handicaps, les troubles auditifs ne se voient pas, ils sont de fait moins reconnus par l’entourage des personnes concernées. Il est urgent de mettre fin aux moqueries, dédain, exaspération des gens face à la surdité-cécité », ont expliqué les organisateurs de la rencontre. Un avis que partagent les personnes ayant pris part. Au menu des journées, la directrice de l’Ippr, Sœur Catherine-Dominique Ngo Ngue indique qu’il y a entre autres des cas pratiques, recyclage des psychomotriciens, consultations gratuites, remise des attestations aux participants.

Bon à savoir : la psychomotricité est une profession paramédicale, une approche éducative, rééducative et thérapeutique qui utilise des techniques corporelles pour agir sur les fonctions neuromotrices, intellectuelles et affectives perturbées chez un patient. Cette discipline présente quatre axes d’interventions: la prévention psychomotrice, l’éducation psychomotrice, la rééducation psychomotrice et la thérapie psychomotrice. Le travail du psychomotricien consiste à aider des personnes confrontées à des difficultés psychologiques vécues et exprimées de façon corporelle et inversement. Pour cela, il agit sur leurs fonctions psychomotrices. Le praticien en la matière exerce dans diverses structures : hôpitaux, centres de Santé, Pmi (Prévention Maternelle Infantile), centres de prise en charge des personnes handicapées, centres de Gériatrie, crèches, écoles (maternelles, primaires, lycées et collèges), sociétés et entreprises, etc.

L’Ippr, première école de Psychomotricité et Relaxation en Afrique noire forme des psychomotriciens et milite pour le bien-être de tous. En guise des avantages non négligeables de la psychomotricité Camerpost a noté que les exercices peuvent être adaptés au degré d’atteinte des patients. « Lorsqu’une personne ne parvient plus à tenir une conversation, la psychomotricité permet de créer un environnement apaisant pour travailler plus spécifiquement sur ses angoisses », expliquent des panélistes qui enchaînent : « moins centrée sur les expressions, la prise en charge des patients privilégie dans ce cas les techniques d’impression corporelle: massage, relaxation, respiration… Une parenthèse de détente et de bien-être est indispensable »

© CAMERPOST par Linda Mbiapa