Cameroun – Lutte contre le désordre urbain à Yaoundé : la milice de la communauté urbaine met le désordre à Messassi

La milice de la communauté urbaine de Yaoundé en action | Photo d'illustration
La milice de la communauté urbaine de Yaoundé en action | Photo d’illustration

Beaucoup de grincements de dents. Mais, c’est l’éternel recommencement. C’est une ambiance inhabituelle qui vous accueille au quartier Messassi, au lieudit, carrefour Messassi, ce matin à la pénétrante Nord de la capitale, Yaoundé. De loin, l’on croirait que ce sont les embouteillages habituels liés à la mise en terre des tuyaux d’eau. Que non ! Ce qui attire tant de personnes plus proche, c’est la présence d’un corps étranger qui fait le ménage.

Le spectacle

Ils sont plusieurs dizaines de gros bras de la communauté urbaine, accompagnés de quelques policiers qui font fuir la foule. Un tiraillement spectaculaire entre un homme d’une vingtaine d’années, d’au moins 1,80 m, et de la catégorie Open si nous étions en judo (90 kg) d’avec une revendeuse de vivre frais svelte. Le colosse a fini par s‘emparer de la marchandise de la revendeuse. L’issue de ce combat entre David et Goliath n’aurait pas été autrement.

Pas loin de là, un agent des forces de l’ordre assiste à la scène, regard presque complice. En droit, la loi parle de non-assistance en personne en danger. Marie Hélène, sort fraichement d’un village à bord d’un taxi brousse communément appelé « Opep». Sa cargaison constituée de banane plantain au lieu d’être installée sur un comptoir est mis dans le véhicule de la communauté urbaine. La dame n’a pas eu la chance de fuir avec sa charge, «  Awara » (terme tiré de la langue haoussa, pour dire, il arrive) : un terme bien connu à Yaoundé, et utilisé pour alerter les revendeurs ambulants  ou installés aux abords de la route sur des comptoirs de fortune, lorsque les agents de la communauté urbaine arrivent.

Marie Hélène, ne retient pas ses larmes. Dans ses lamentations à peine audible, l’on retient ceci « seigneur, l’argent d’autrui. Comment vais-je le rembourser ? ». Elle reçoit la compassion de ses congénères, elles aussi indignées. Mais ces réconforts, lui apporteront une solution ? Assurément pas.

Non au désordre urbain.

Le phénomène est accru dans les grandes villes du Cameroun. Mais singulièrement au carrefour Messassi, la chaussée est envahie par ces vendeurs et autres. Ici, pas facile de circuler librement. Les installations anarchiques, occupent le trottoir et même la moitié de la chaussée. La population des vendeurs et revendeuses semble se plaire dans cette situation. On joue au chat et à la souris de face quotidienne. En clair, à la moindre présence d’un policier, l’on fait semblant de dégager.

Oui, à l’ordre.

Le travail de la communauté urbaine et des mairies est régulièrement critiqué. Il est vrai que les boutiques ont été construites, mais le prix d’un espace reste inaccessible aux petits commerçants. La destination des produits ramassés est presque inconnue, disent beaucoup. Plus grave encore, certains accusent, la corruption dans cette activité. Pis encore, certains quartiers n’ont pas de marchés.

 

© CAMERPOST par Augustin TACHAM

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