Cameroun – Lutte contre la délinquance juvénile : l’espoir qui vient de Betamba

L’espoir qui vient de Betamba | Ph. © CT
L’espoir qui vient de Betamba | Ph. © CT

Le ministre des Affaires sociales et ses partenaires ont validé hier le plan de modernisation de cette institution spécialisée dans la rééducation des enfants en conflit avec la loi

Pauline Irène Nguéné, ministre des Affaires sociales (Minas), a pris ce projet à bras le corps depuis sa prise de fonction. Car pour le membre du gouvernement, la place des mineurs n’est pas en prison, mais dans des structures de réinsertion sociale, à l’image de l’Institution camerounaise de l’Enfance (ICE) de Betamba. Un plan stratégique de modernisation de l’institution pendant trois ans a été mis en place. Il vise à en améliorer la qualité de l’offre de service, à optimiser son fonctionnement et rationnaliser les ressources. Le ministère lui-même a mobilisé près de 500 millions de F à cet effet. Mais comme la remise à neuf de l’institution nécessite plus de 2,5 milliards de F, montant que le département ministériel ne saurait rassembler tout seul, le Minas a fait appel à ses partenaires de la société civile et du secteur privé.
Et pour que ces derniers touchent du doigt le degré de délabrement de cet établissement créé en 1952, Pauline Irène Nguéné les a tous conviés à l’ICE, à plus de 140km de Yaoundé. Et après un tour du propriétaire et la présentation du plan détaillé de modernisation par Jean Pierre Edjoa, directeur de la protection sociale de l’enfance du Minas, plusieurs partenaires ont rendu publiques leurs contributions pendant que d’autres ont fait des promesses. La Fondation les Perles de Fravvis a promis d’apporter 10 millions de F. Une société de téléphonie mobile a promis 35 millions de F. L’honorable Mgbatou, député à l’Assemblée nationale, va contribuer à hauteur de trois millions de F. La mairie de Ntui, la Mission de promotion de matériaux locaux et bien d’autres ont promis soutenir ce grand projet lancé par le ministre des Affaires sociales.
Au sortir de ces longues heures d’échanges, le Minas  avait du mal à cacher sa joie. « Tous les partenaires que nous avons invités ont répondu à l’appel. Nous pensons que nous allons atteindre nos objectifs. Nous sommes satisfaits des contributions enregistrées », s’est réjoui le ministre. Avant d’ajouter que 30 projets ont été identifiés en vue de la réalisation de ce plan de modernisation. Et durant cette année 2017, beaucoup vont être exécutés. Les dossiers d’appel d’offre sont prêts. Ce qui a redonné du sourire au 2e adjoint au maire de Ntui, Oumarou Mveimba, au directeur de l’ICE, Pierre Théophile Eyock et à la vingtaine de pensionnaires de l’institution qui n’attendent que sa modernisation à travers la remise en service de ses six ateliers de formation.

Source : © Cameroon Tribune

Par Elise ZIEMINE NGOUMOU

 

L’explication

Pauline Irène Nguene : « Les bâtiments, ateliers sont passés en revue »

Pauline Irène Nguéné, ministre des affaires sociale | Ph. Archives

Madame le ministre, le processus de réhabilitation de Betamba, institution emblématique de réinsertion de l’enfant en conflit avec la loi, est amorcé. Que doit-on en attendre exactement ?
Un visage véritablement nouveau de l’institution. Nous avons commis une expertise pour avoir un document qui fait ressortir l’état des besoins et nous avons tenu un atelier intersectoriel qui a impliqué toutes les administrations concernées par le projet, pour valider l’étude commise. Et c’est au terme de cet atelier de validation que nous avons élaboré un plan stratégique de modernisation de cette institution qui fait ressortir tous les besoins qui devraient nous amener à réhabiliter l’institution. Là dedans, tout a été passé en revue : les infrastructures, notamment les bâtiments qui sont à refaire, les ateliers à équiper, les adductions d’eau et les branchements électriques à réaliser, entre autres. Vous savez, quand on envoie les enfants là-bas, c’est pour les réinsérer dans la société. Et la réinsertion socioéconomique passe notamment par l’apprentissage d’un métier. D’où la nécessité de rééquiper les ateliers.
Quelles sont les différentes formations que Betamba offre aujourd’hui ? On imagine qu’avec cette réhabilitation, l’institution aura de nouvelles missions…
Il faut savoir qu’il y a insuffisance de la ressource humaine en quantité et en qualité. Les ateliers de maçonnerie, électricité, informatique, vannerie, couture, agriculture sont fermés aujourd’hui du fait du manque d’un personnel qualifié. Il y a très peu d’ateliers qui fonctionnent. Peut-être la mécanique auto, encore que nous n’avons pas suffisamment d’équipements pour le faire fonctionner de façon optimale. Si Betamba est réhabilité aujourd’hui, on pourra remettre en selle ces ateliers là. On pourrait examiner la possibilité de former des formateurs.
Comment se fera le casting des nouveaux pensionnaires. Est-ce qu’ils devront payer des frais d’admission au nouveau centre de Betamba ?
On ne peut pas exiger le paiement des frais, même s’il est vrai que les textes prévoient que les parents peuvent contribuer à la réinsertion des enfants. Mais ces derniers n’ont pas tous des parents identifiés. Et quand les enfants ont déjà été identifiés, qu’on pense qu’ils doivent être dans ce centre, on les prend sans contrepartie. Mais si les parents sont identifiés et ont les capacités de contribuer, alors l’on acceptera leur contribution. Mais ceci ne sera pas une condition sine qua none. Je pense que le mécanisme sera flexible pour pouvoir accueillir le maximum d’enfants possible. Betamba peut accueillir 250 enfants en pension complète et 500 en semi-pension.

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