Cameroun – Lutte contre Boko Haram : L’implication controversée de la France à la Une de la presse – 23/02/2015

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, reçu en audience par le président camerounais Paul Biya. | © PRC
Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, reçu en audience par le président camerounais Paul Biya. | © PRC

Les journaux camerounais parus lundi se sont, une nouvelle fois, appesantis sur le phénomène de la secte islamiste nigériane Boko Haram, ses ramifications locales ainsi que les stratégies multiformes mises en branle pour lui barrer la route.
A l’heure où la communauté internationale, avec au premier plan l’Union africaine mettent se mettre en ordre de bataille contre ce mouvement djihadiste, le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune salue l’appui annoncé par la France dans ce combat aux côtés du pays à la lumière de la récente visite du ministre des Affaires étrangères et du Développement international, Laurent Fabius.

L’Hexagone, selon le journal, est décidé à aller au-delà d’un appui bilatéral qui propose l’organisation d’une conférence internationale des donateurs pour venir en aide aux pays touchés par les exactions de la secte islamiste.

«Boko Haram : la France annonce une aide financière», renchérit Le Jour qui se fait néanmoins le relais d’une certaine opinion, qui soutient que ce pays «serait de connivence avec les membres de Boko Haram» : une accusation rejetée par Laurent Fabius qui parle de «fiction».

«Intelligence avec Boko Haram : l’accusation qui ébranle la France», appuie l’hebdomadaire Intégration qui, à la lumière de la tournée de M. Fabius au Tchad, au Cameroun et au Niger, indique que le Quai d’Orsay est «en campagne pour redorer l’image de Paris au Cameroun».

Pour le bihebdomadaire La Météo, la France brouille effectivement le jeu contre Boko Haram : «Mue par de vieux réflexes néocolonialistes, habitée par une idéologie d’infantilisation de son ancien pré-carré, la France, profitant des méfaits de la nébuleuse djihadiste, a décidé de rentrer en scène pour continuer de régenter à sa manière la géostratégie des pays qu’il colonisa jadis. En envoya en Afrique son ministre des Affaires étrangères et du Développement international, Laurent Fabius, le chef de l’Etat français, François Hollande, replante le drapeau de son pays à des endroits décidés à s’émanciper du joug tutélaire.»

C’est effectivement d’une «tentative manquée de récupération de la France» qu’il s’agit, Laurent Fabius n’ayant pas, selon le quotidien privé Emergence, convaincu les sceptiques et se retrouvant dans un rôle trouble alors que les Etats de la sous-région viennent de se donner une stratégie dont les résultats sont déjà palpables.

Au fait, s’interroge Mutations, pourquoi Laurent Fabius, dans sa mission de «conviction internationale», ne s’est-il pas arrêté au Nigeria, considéré comme le foyer de Boko Haram ?

Et il n’y a pas que la France qui serait ainsi mise à l’index, si l’on en croit le bihebdomadaire Le Soir qui affirme qu’une liste de complices locaux de la secte a été transmise au président Biya, dans laquelle on retrouve plusieurs hauts gradés de l’armée, des membres du gouvernement ainsi que des dignitaires du régime.

Cette polémique intervient alors que, selon le bihebdomadaire régional L’œil du Sahel, 25 otages camerounais viennent d’échapper à la secte dans l’Extrême-Nord du pays : ils ont bêtement creusé un trou dans le mur de leur lieu de détention.

 

© CamerPost avec © APA

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