Cameroun – Lutte contre Boko Haram : L’armée accusée d’exactions par Amnesty International

Amnesty International épingle l'armée camerounaise | © Radio France - 2015 / Philippe Randé
Amnesty International épingle l’armée camerounaise | © Radio France – 2015 / Philippe Randé

Amnesty International a dénoncé plusieurs exactions commises par l’armée camerounaise contre des civils dans la région de l’Extrême-Nord au nom de la lutte contre la secte islamiste Boko Haram.

Dans un rapport paru jeudi et intitulé : «Bonne cause, mauvais moyens : atteintes aux droits humains et à la justice dans le cadre de la lutte contre Boko Haram au Cameroun», l’organisme fait état de centaines de personnes arrêtées arbitrairement, sur la base de preuves minces, voire inexistantes et placées en détention dans des conditions inhumaines, qui mettent souvent leur vie en danger.

Dans ce rapport qui s’appuie sur plus de 200 entretiens menés en 2016, Amnesty signale l’existence de centres de détention non officiels, la torture quasi-systématique aboutissant parfois à des décès, des disparitions forcées ou encore des garanties de procédure judiciaire pratiquement inexistantes.

«En cherchant à protéger les civils contre de violentes attaques menées par des membres de Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord du pays, les autorités camerounaises et les forces de sécurité se sont rendues coupables de très nombreuses atteintes aux droits humains.», écrit Amnesty.

Plus de 100 personnes, dont des femmes, ont été condamnées à mort depuis juillet 2015 au cours de procès qualifiés de «profondément iniques», le plus souvent sans qu’aucun élément ne prouve réellement leur culpabilité.

De même, apprend-on, des images satellite d’un village ont montré des maisons incendiées par les forces de sécurité,

Plus de 1000 personnes, accusées de soutenir Boko Haram, sont actuellement en détention le plus souvent sans mandat, sans aucune explication et en recourant à la force de manière excessive, affirme le rapport qui regrette que les forces de sécurité semblent souvent agir en s’appuyant sur des dénonciations secrètes et invérifiables d’informateurs ou sur des informations indirectes, comme le fait de ne pas avoir de carte d’identité ou de s’être rendu au Nigeria voisin à une date récente, au lieu de se fonder sur des motifs raisonnables permettant de penser qu’une infraction a été commise.

Les principales conclusions du rapport, précise Amnesty International, ont été envoyées par écrit aux autorités camerounaises le 7 mai 2016, sans recueillir la moindre réponse du pouvoir de Yaoundé.

Pourtant, dès la publication dudit rapport le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary, s’est précipité sur la radio nationale pour décrier «des raccourcis expéditifs» de l’ONG, dont les accusations sont «attentatoires à l’honneur des forces armées camerounaises».

© CAMERPOST avec © APA

  • koala

    Rapport de merde! le bir va continuer sa mission jusqu’à l’extermination totale de ce machin de boko haram.