Cameroun – Lutte contre Boko Haram : L’armée a commis des « exactions » sur des civils à l’Extrême-Nord selon un rapport de la CNDHL

Des soldats camerounais en patrouille à la frontière avec le Nigeria, en février. | © AFP / Reinnier KAZE
Des soldats camerounais en patrouille à la frontière avec le Nigeria, en février. | © AFP / Reinnier KAZE

Des « cas préoccupants d’exactions attribuées aux forces de défense ont été observés » dans la région de l’Extrême-Nord en proie aux assauts de la secte islamiste Boko Haram, selon le rapport 2014 que vient de publier la Commission des droits de l’homme et des libertés (CNDHL) du Cameroun.

D’après des constats de missions effectuées sur le terrain, cet organisme public regrette que, «malgré le professionnalisme dont les forces de défense et de sécurité font preuve, les allégations de violation des droits de l’homme les mettant en cause ont été portées à sa connaissance».

Il s’agit entre autres de perquisitions intempestives dans des domiciles privés sans mandat de la justice, d’arrestations arbitraires, de rançonnement des usagers de la route, d’extorsion de fonds à des populations mbororos souhaitant se faire établir des cartes nationales d’identité et de trafic de stupéfiants.

La CNDHL signale également des cas d’arrestations et de séquestrations, des centaines personnes ayant été interpellées «loin du théâtre des opérations» et détenues sans jugement.

L’organisme, qui exhorte par ailleurs les forces armées nationales au respect scrupuleux des droits de l’homme dans l’organisation des rafles, pointe aussi des «cas de disparitions forcées et de décès des détenus».

L’on note que les observations de la CNDHL se recoupent avec celles faites en septembre dernier par Amnesty International, qui a dénoncé «les violations des droits de l’homme commises par les forces de sécurité» camerounaises, coupables selon l’ONG «de crimes au regard du droit international et d’autres violations des droits humains».

A la suite du dernier rapport cité le ministre de Communication et porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary, avait longuement glosé sur des «suspicions à peine voilées», estimant que les enquêtes des chercheurs «manquent à tout le moins d’objectivité»

Il n’empêche que, voici peu le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense (MINDEF), Joseph Beti Assomo, a pris des «sanctions disciplinaires exemplaires» à l’endroit de certains militaires en zone d’engagement, «récemment été reconnus coupables de faits graves avérés contre l’honneur et l’éthique des forces de défense».

Annonçant par ailleurs des poursuites pénales contre les mis en cause il avait désapprouvé, avec la plus grande fermeté, «ces actes odieux, et heureusement isolés d’une minorité de militaires».

Le 15 novembre dernier, M. Beti Assomo a radié 4 soldats des rangs pour «faits avérés contre l’honneur et l’éthique des forces de défense», convaincus d’«actes odieux qui entachent l’image des forces de défense, au moment où celles-ci font face avec abnégation et courage aux menaces protéiformes qui interpellent» le Cameroun.

© CAMERPOST avec © APA

  • nasser

    Très bien, Monsieur Beti Assomo!