Cameroun – Lutte contre Boko Haram : la fausse piste des ONG

Issa TCHIROMA, Ministre camerounais de la Communication
Issa TCHIROMA, Ministre camerounais de la Communication | DR

Nous voici donc installés dans la guerre. Une guerre longue. Nous ignorions sa tournure actuelle : les attaques kamikazes. D’où viennent-elles, où sont positionnés les auteurs ? Quels sont leurs plans d’attaque ?  Délogé de ses bases nigérianes, Boko Haram opère en errance et en mode suicide dans les pays contre lesquels il a décidé de faire la guerre. Les populations civiles du Nigeria, du Tchad, du Niger et du Cameroun sont victimes désignées des attaques de ces fanatiques d’Allah.

Issa Tchiroma Bakary, le ministre camerounais de la Communication, porte-parole du gouvernement, dans son point de presse de jeudi dernier, a présenté pour le seul mois de janvier en cours, dans les seuls départements du Mayo Sava, du Mayo Tsanaga et du Logone et Chari, dans l’Extrême-Nord du pays, un récapitulatif effarant des actions kamikazes de Boko Haram. Ce récapitulatif sanglant en si peu de temps, confirme que la guerre contre Boko Haram, dans sa nouvelle version, ne fait que commencer :

” 15 attaques terroristes contre les intérêts et les populations sur le territoire national, au nombre desquelles deux attaques-suicide avec 10 personnes tuées, 11 blessés, 9 personnes enlevées et 6 cas d’incendies d’habitations et de concessions“, selon le ministre qui a résumé que, ” en 2014, 37 attaques de Boko Haram ont été perpétrées contre les unités des forces de défense camerounaises, 23, et 21 attaques contre les comités de vigilance“.

Issa Tchiroma estime cependant que, face ” à un tel harcèlement à la fois gratuit et injustifié, nos forces de défense et de sécurité ont su donner la réplique, infligeant de lourdes pertes à l’ennemi, lui faisant subir d’importants revers qui aujourd’hui, ont fini par l’affaiblir, au point de le réduire à des actes de couardise, tels que les attentats-suicide devenus son mode opératoire de prédilection“.

Il faut le redire : le Cameroun est en guerre. La guerre est la pire des choses qu’on puisse imposer à un pays et à sa population. La guerre ouvre la porte à toutes les formes d’exactions et des dérapages. Pour le cas qui nous concerne, des militaires et des policiers ont la mission de protéger les frontières nationales et des paisibles populations qui y vivent. De l’autre côté, des assaillants fanatisés, au nom d’on ne sait quelle philosophie, ont imposé une guerre à un pays – le Cameroun-.  Ce pays n’a jamais agressé un autre pays voisin ou lointain, mais au contraire, il a érigé le bon voisinage et l’hospitalité en dogme.

Les Ong accusent dans ce contexte, les forces de défense camerounaises de “commettre des exactions” dans leurs missions de protection du territoire national et des populations civiles sont dans leur rôle.  Dans rôle, elles devraient avoir un discernement entre le comportement de l’agresseur et celui de l’agressé en légitime défense. S’il était un seul instant  arrivé aux représentants de ces Ong de visionner des documents saisis par les services de renseignements camerounais des mains de Boko Haram, des films  d’une extrême  cruauté, projetant des sentences prononcées contre des enfants de 10 ou 12 ans, découpés sous le regard obligé des parents pour servir “d’exemple” à d’autres parents qui  seraient tentés de refuser que leurs progénitures aillent combattre dans les rangs de Boko Haram, ces “moralisateurs” universels sauraient dans quel champ ils devraient prêcher sur les droits de l’Homme.

Il faut combattre les violences dans leurs formes, leurs origines et leurs fondements.  C’est l’idéal. Lorsqu’un pays est poussé à la guerre et obligé de se défendre, des balles perdues sont inévitables.  Les collabos locaux devraient subir le même sort que leurs commanditaires.  Une fillette qui reçoit une flèche dans son dos avant de dégoupiller sa charge explosive qui devait faire plusieurs dizaines de morts, selon ces Ong, il s’agit là d’une “exécution sommaire” à dénoncer. Difficile à accepter cette lecture des choses.

Voilà un pays paisible, qui est en train de se donner progressivement une perspective de démocratie, le Burkina Faso. Les intégristes assoiffés de violence et de sang, sont allés frapper des innocents au cœur de Ouagadougou, la capitale de ce pays sahélien.

Les Ong sont utiles dans des démocraties. Leurs missions secouent des consciences et dénoncent des abus. Elles devraient d’abord dénoncer ceux qui perturbent la paix, comme Boko Haram et Al Qaida Maghreb qui a tué à Ouagadougou. Si elles regardent seulement du côté de ceux qui se défendent, les armées camerounaises ou burkinabé, ces Ong courent le risque de faire fausse piste.

Source : © Mutations

Par Xavier Messè

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