Cameroun – Lutte contre Boko Haram: Idriss Déby demande à Paul Biya de prendre ses responsabilités – 23/05/2014

Au cours de sa visite de «travail et d’amitié» qui s’achève ce jour, le président tchadien interpelle aussi les musulmans à combattre ces «obscurantistes».

© Photo PRC
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L’on sait finalement les sujets développés entre Paul Biya et Idriss Deby au cours de la visite de «travail et d’amitié» du président de la République du Tchad hier à Yaoundé. Ainsi que nous l’indiquions dans notre édition du hier, la question sécuritaire était au centre du tête-à-tête (prévu pour une heure et qui a duré deux heures) entre les deux chefs d’Etat. Au cours du déjeuner officiel qui a suivi cette entrevue, Paul Biya avouera que cette concertation avec son homologue tchadien s’imposait ad’ regard de la montée de (insécurité dans les deux pays. Il indique que Boko Haram est une menace permanente pour la paix et la sécurité au Cameroun et au Tchad. Il déclare alors, que son pays est disposé à mettre en œuvre les résolutions, de concert avec le Tchad, du sommet de Paris tenu samedi dernier. Il s’agit notamment des patrouilles coordonnées et la surveillance des frontières.

Idriss Deby, lors de son toast, met le Cameroun devant ses responsabilités. Il dit être persuadé que le Cameroun au regard de son poids économique «a des responsabilités à la fois nationales et internationales et doit jouer un grand rôle en Afrique centrale», dira t-il. Il lance par la suite un message aux musulmans du Cameroun, du Tchad et d’ailleurs. «Que tous les musulmans m’écoutent», réclame- t-il, avant de poursuivre. «Enlever les innocents, ce n’est pas l’Islam, tuer les innocents, ce n’est pas l’Islam», enseigne t-il. Il demande aux pratiquants de l’Islam de «combattre l’obscurantisme de ces obscurantistes». Pour lui, «toute l’idéologie de Boko Haram n’est pas basée sur l’Islam, mais sur l’obscurantisme»: Il qualifie cette secte de «mal de siècle». Aussi constate-t-il qu’elle a déjà fait «trop de mal».

Au cours de ces deux toasts, l’on peut constater que la question de Boko Haram était la véritable préoccupation de deux chefs d’Etats. La crise centrafricaine à la laquelle, le Tchad s’est désengagée, et où les deux pays n’avaient pas une vision commune, n’a pas retenu l’attention de deux chefs d’Etat. ldriss Deby durant son intervention n’en a pas fait allusion. Pas un seul mot. Paul Biya en a parlé dans une phrase, et de façon évasive. En demandant au Cameroun de prendre sa place de leader en Afrique centrale, Idris Deby exprime sans doute son agacement de voir son voisin moins motivé, faiblement représenté lors des sommets régionaux. Paul Biya qu’il appelle son frère, pourra t-il écouter ses conseils. Le sommet extraordinaire de la Cemac prévu demain nous permettra de l’apprécier.

Source : © Le Jour
Par Younoussa Ben Moussa

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