Cameroun : l’opérateur Eneo se lance dans la mini et micro hydroélectricité

Eneo se lance dans la mini et micro hydroélectricité | Ph. ENEO/Illustration

L’opérateur Eneo a annoncé un programme de 35 sites de projets de mini et micro hydroélectrique à travers le Cameroun, avec des puissances installées comprises entre 1 et 100 mégawatts et une capacité de 200 kilowatts chacune.

Cette annonce, consignée dans une note d’information, présente le développement des petites centrales hydroélectriques (PCH) comme une solution visant une production décentralisée et un rapprochement de la source de production du centre de consommation, mais aussi une adaptation de la production d’énergie électrique en fonction de la ressource disponible dans la localité.

Ledit programme vise ainsi à accroître la production électrique de manière durable et dans des délais brefs, à apporter l’énergie aux localités reculées et dont l’interconnexion ne serait pas une possibilité à court ou à moyen terme et à améliorer la qualité de service dans les régions déjà électrifiées à cause du faible maillage du réseau interconnecté.

Il s’agit également de mettre en application les accords sur la réduction des gaz à effet de serre, d’améliorer la performance opérationnelle, de créer une diversité dans les sources de production d’énergie électrique et réduire le risque de la dépendance, de mettre à la disposition des entrepreneurs camerounais une opportunité de business dans le secteur de la production décentralisée des énergies renouvelables, de contribuer à l’aménagement du territoire et de créer les emplois et la richesse.

Certains sites sont en cours d’études, par des développeurs à qui l’Etat du Cameroun a accordé des droits, a expliqué à APA le directeur marketing et communication d’Eneo, Alexandre Siewe Leupi.

Toutefois, les études de faisabilité ne pouvant pas être menées sur l’ensemble des 35 sites identifiés en même temps, 6 infrastructures pilotes sont actuellement concernés, les études devant prioritairement être menées sur 3 projets à la fois par phase de 4 mois environ, a-t-il ajouté.

Cette annonce, note-t-on, intervient au lendemain de la signature entre Eneo, filiale camerounaise du fonds d’investissement britannique Actis et la société IED Invest, d’un contrat d’achat d’électricité qui sera produite par la deuxième entité citée sur le fleuve Mbakaou (Adamaoua).

Par cet accord, le producteur indépendant s’est engagé à réaliser, dans un délai de 18 mois, une centrale hydroélectrique d’une capacité de 1,4 mégawatt et d’une valeur totale de 3,6 milliards FCFA, dont une bonne partie sera fournie par l’Union européenne et 500 millions FCFA par le gouvernement camerounais.

A sa mise en service, prévue en octobre 2018, la centrale de Mbakaou est appelée à connecter 1500 nouveaux ménages, en même temps qu’elle va générer des réductions des gaz à effet de serre à hauteur de 2893 tonnes de dioxyde de carbone (CO2) annuels, du fait de l’arrêt partiel ou total des centrales thermiques de la zone.

Ce autre projet pilote, a expliqué le ministre de l’Eau et de l’Energie, Basile Atangana Kouna, rentre dans le cadre de l’option gouvernementale d’encourager les producteurs indépendants dans le secteur des énergies renouvelables, conformément aux engagements pris par le Cameroun à l’issue de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP21), tenue en fin novembre 2015 à Paris.

Le pays envisage en effet d’atteindre 25% d’énergies renouvelables dans le bouquet électrique à l’horizon 2036, mais également de réduire les gaz à effet de serre à hauteur de 32% dans la même période.

© CAMERPOST avec © APA