Cameroun : l’ONUSIDA renouvelle son soutien pour empêcher la transmission du VIH – 02/06/2015

Le Directeur exécutif de l’ONUSIDA, Michel Sidibé | Photo: ONUSIDA/Jean-Marc Ferré
Le Directeur exécutif de l’ONUSIDA, Michel Sidibé | Photo: ONUSIDA/Jean-Marc Ferré

Le directeur exécutif de l’ONUSIDA, Michel Sidibé, en visite au Cameroun, a eu un entretien avec le Premier ministre camerounais Philemon Yang lundi à Yaoundé et a renouvelé le soutien de son organisme pour empêcher la transmission du VIH au Cameroun, où la prévalence, estimée à 4,3%, est jugée parmi les plus préoccupantes d’Afrique centrale et de l’Ouest.

Régulièrement reçu par les autorités camerounaises, Michel Sidibé est revenu vendredi soir à Yaoundé pour le lancement le lendemain de l’initiative “Fast-Track” liée à l’objectif affirmé lors d’une réunion de haut niveau lors de la récente Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2014 à New York, de mettre

fin à l’épidémie du sida à l’horizon 2030.

“Il y a des années de cela, on avait 14% des mères qui étaient séropositives, qui avaient accès aux services de protection, pour faire en sorte que leur enfant ne naisse pas avec le sida. Aujourd’hui, on a 64%. Le gouvernement a augmenté le budget de 2% seulement en 2009 à 25% dans la lutte contre le sida”, a déclaré M. Sidibé.

Ce sont des progrès encourageants, a-t-il estimé, qui traduisent la volonté d’appropriation des objectifs et engagements comme ceux exprimés par la Déclaration de Paris à travers laquelle les maires des 50 plus grandes villes du monde se sont engagés le 1er décembre 2014 à oeuvrer à l’accélération de l’élimination du VIH résumée par le concept “90-90-90”.

Il s’agit d’un programme ambitieux qui vise à faire en sorte qu’à l’horizon 2020, 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, 90% des personnes connaissant leur statut sérologique reçoivent un traitement et 90% des personnes sous traitement parviennent à un état de suppression virale, c’est-à-dire ont une charge virale indétectable.

L’enjeu ici est l’atteinte de l’objectif dit des “trois zéros” fixé par les Nations Unies, à savoir : zéro nouvelle infection à VIH, zéro discrimination et zéro décès liés au sida.

Samedi, le lancement de l’initiative “Fast-Track” au Cameroun, en présence du directeur exécutif de l’ONUSIDA, a associé 16 mairies des villes de Yaoundé, de Douala (métropole économique dans le Littoral)et de Bamenda (nord-ouest) pour la phase pilote.

“Le Cameroun est un pays clé pour nous, parce qu’il fait partie des pays avec une prévalence qui, bien qu’elle soit faible, constitue un point d’entrée pour permettre d’atteindre plus de populations dans sa sous-région. Donc, le Cameroun pour moi, ce n’ est pas seulement le Cameroun ; c’est aussi l’impact que le Cameroun peut avoir sur tous les pays environnants”, a souligné M. Sidibé à Xinhua.

“Mais deuxièmement aussi, le Cameroun fait partie des cinq ou six pays avec des prévalences élevées en Afrique centrale et de l’ Ouest, avec la Côte d’Ivoire, le Nigeria. Ce sont ces pays-là qui sont importants pour moi aujourd’hui, pour les aider à briser complètement la trajectoire des nouvelles infections”, a-t-il poursuivi.

Dans le même temps, le ministre camerounais de la Santé publique, André Mama Fouda, citant les propres estimations de l’ONUSIDA, se félicite du classement de son pays dans une liste de 22 pays africains où le taux de nouvelles infections a baissé de 24%.

Déjà, c’est une baisse de prévalence de 5,5 à 4,4% qui était annoncée entre 2004 et 2011, avec un pic de 8,1% pour la tranche de 35 à 39 ans.

“Le nombre de malades sous traitement est passé de 17.156 en 2005 à 145.038 en fin décembre 2014. Le nombre de femmes enceintes séropositives qui prennent les ARV [antirétroviraux] pour prévenir la transmission du virus à leur enfant est passé de 9.092 en 2009 à 22.297 en fin décembre 2014”, a par ailleurs rapporté le ministre de la Santé publique.

A l’en croire, “les tensions de stocks d’antirétroviraux que nous avons connus en 2013 relèvent désormais du passé. C’est l’ occasion pour moi de dire avec force que les antirétroviraux sont disponibles à la CENAME (Centrale nationale d’approvisionnement en médicaments essentiels), dans les centres d’approvisionnement pharmaceutiques régionaux et dans toutes les formations sanitaires offrant les services de prise en charge des personnes vivant avec le VIH.”

Pour pouvoir atteindre l’objectif “90-90-90″, l’initiative ” Fast-Track” propose l’extension du dépistage du virus vers un plus grand nombre de populations. Ce qui, de l’avis du directeur exécutif de l’ONUSIDA, suppose la prise en compte des populations à risque comme les camionneurs et les travailleuses du sexe.

En marge de la visite de leur hôte, les autorités camerounaises, en appui à un projet de l’Association camerounaise pour le marketing social (ACMS, Ong locale) financé par la coopération allemande, ont ainsi organisé dimanche une campagne de communication en direction des camionneurs de longue distance.

L’événement, marqué par une séance de dépistage volontaire gratuite,a eu lieu à Awaé, une banlieue de Yaoundé située sur un tronçon des corridors Douala-Bangui et Douala-N’Djamena et citée comme étant le 3e plus grand parc à camions du Cameroun, après Ngaoundéré (nord) et Bertoua-Mandjou (est), avec une fréquentation journalière moyenne estimée entre 137 et 300 camionneurs.

Au total, le projet englobe une cible d’environ 3.500 Camionneurs dans les différents parcs à camions du Cameroun, à sensibiliser à l’utilisation “systématique” et “correcte” du préservatif. Il fait suite à une étude ayant révélé en 2004 une prévalence de 16% chez ces travailleurs migrants, connus pour avoir une intense activité sexuelle et à risque hors de leur foyer légal, du fait de l’exercice de leur métier.

Par exemple, une autre étude réalisée en 2012 avait dénombré 42, 8% de camionneurs ayant eu un rapport sexuel à haut risque au cours des 12 derniers mois précédant l’enquête. Parmi ceux-ci, 20, 8% avaient déclaré avoir utilisé de façon systématique les préservatifs lors de ces rapports sexuels.

Source : © Agence de presse Xinhua

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