Cameroun – Listes électorales : Elecam revoit sa stratégie

Adoulaye Babale, directeur général d'Elections Cameroon (Elecam)
Adoulaye Babale, directeur général d’Elections Cameroon (Elecam).

Les défis restent grands pour cette institution dont les cadres des dix régions sont en réunion depuis lundi à Yaoundé.

Les responsables des démembrements territoriaux d’Elections Cameroon (Elecam) sont en réunion depuis lundi à Yaoundé. Les échanges ont pour objectif d’aboutir à une stratégie concertée et adaptée aux différents challenges de l’institution. C’est par une évaluation du travail mené dans le cadre de la révision du fichier électoral que s’est ouverte la rencontre. Adoulaye Babale, le directeur général indique que le compteur affiche 6,157 millions personnes enregistrées. Il ne cache pas sa satisfaction devant le travail abattu depuis le début de l’année. Près de 376.000 nouveaux inscrits en 2016, représentant le triple du score de l’an dernier avec 163 000 environ. Ce résultat est mis à l’actif de beaucoup de déploiement d’énergie et d’innovations dans l’opération d’inscriptions. Le rapprochement des centres d’inscriptions vers les cibles, le recours à des slogans sélectionnés et visant des catégories précises telles les femmes, les étudiants, les jeunes ont aidé à l’atteinte de ces résultats.

Mais sur l’étendue du territoire, le tableau d’honneur est donné à certaines régions, d’autres sont appelées à plus d’effort. Le Littoral et le Centre tiennent le peloton de tête. L’un ayant doublé son chiffre par rapport à l’an dernier et l’autre ayant fait mieux que doubler. Même si l’Est et le Sud ont atteint chacun son quota, ils sont à la queue du classement. L’Est, faut-il le reconnaître, demeure une zone difficile avec des populations dites minoritaires : les Pygmées et les Bororos qui font partie de l’électorat ont des habitudes traditionnelles réfractaires aux exigences comme l’inscription sur les listes électorales. A cela, il faut ajouter des difficultés créées par l’afflux des réfugiés étrangers qui ont entraîné, de l’avis de Marguerite Gbaboua de la direction régionale des Elections de l’Est, la fermeture de plusieurs postes d’identification dans les antennes communales.

A l’Extrême-Nord, le climat d’insécurité et l’éloignement des postes d’identification affectent les résultats. « Tout le département du Logone et Chari n’a qu’un seul poste d’identification à Kousseri », précise Ali Hamidou, délégué régional de l’Extrême-Nord. Ici comme à l’Est, la plupart des personnes en âge de voter ne disposent pas de pièce d’identité. Mais le directeur général reconnaît les efforts fournis.

Source : © Cameroon Tribune

Par Jeanine FANKAM