Cameroun – Lions indomptables : l’apaisement

 Lions indomptables, l’apaisement | Ph. © Twitter/FECAFOOT
Lions indomptables, l’apaisement | Ph. © Twitter/FECAFOOT

A l’issue de la réunion hier au MINSEP, Hugo Bross s’est excusé ; la FECAFOOT pense qu’il y a eu des incompréhensions à Bruxelles

L’on attendait de grandes décisions, des sanctions. Mais hier, au ministère des Sports et de l’Education physique, au bout de plus de quatre heures d’échanges, d’interrogatoire, dans un climat « tendu », il y a eu comme un apaisement. Le général de brigade Daniel Elokobi, directeur central de la coordination dans les services centraux de la gendarmerie nationale, des représentants de la DGRE, de la police, du ministère des Relations extérieures, de la Fédération camerounaise de football notamment, se sont assis autour du ministre des Sports et de l’Education physique, Bidoung Mkpatt. Il fallait tirer au clair l’incident d’avant-match à la base des Lions indomptables à Bruxelles.

Le 28 mars, la sélection nationale de football qui disputait un match amical perdu contre la Guinée (2-1), n’a pas eu droit à son repas à temps. Ce qui a « handicapé la préparation du match », d’où la sortie du sélectionneur après la rencontre. Il pointait du doigt la gestion de l’intendance de la sélection, puisque ses protégés ont été éconduits du restaurant par des responsables pour factures non soldées. Hier donc, le Minsep a écouté les uns et les autres. Et « nous avons scruté froidement ce qui s’est passé », laisse-t-on entendre. Et la froideur des échanges se lit encore sur le visage du sélectionneur, Hugo Broos, qui affiche une figure pâle, cernée, comme éreinté à l’issue de la réunion.
Tombi à Roko, le président de la Fecafoot, résume en une idée la crise de Bruxelles : « Petite erreur, grosse conséquence ». D’après lui, au terme de la réunion, il a  été reconnu qu’il y a eu incompréhension dans la gestion des différentes rubriques.  Le constat fait, c’est qu’il y a eu « un problème de personnes, qui a contribué à ternir l’image de notre pays ».

Pourtant, le public s’attendait à de grosses sorties et de grandes décisions. Tout semble calme. La preuve, parlant de son départ, Broos dit : « Si je voulais partir du Cameroun, je l’aurai déjà fait. Pour l’instant, il y a autant d’intérêt en la personne d’Hugo Broos, c’est normal. On a gagné la CAN. On est la meilleure équipe d’Afrique, on est au sommet du football africain. C’est tout à fait évident que des pays ou clubs qui cherchent un entraîneur pensent à Hugo Broos », estime-t-il. Si son contrat de deux ans s’achève en février 2018 avec le Cameroun, il a annoncé être disposé pour une éventuelle prolongation. Pour le moment, il faut oublier son départ. « Je me concentre sur le Cameroun », dit-il.

S’il était annoncé au Ghana, Kwesi Appiah, a été désigné nouveau sélectionneur des Black Stars hier. Broos pense à la coupe des Confédérations, aux confrontations qualificatives pour le Mondial 2018 contre le Nigeria en août et septembre prochains, davantage, à la CAN 2019.

Source : © Cameroon Tribune

Par Angèle BEPEDE

 

Ils ont dit…

Hugo Broos : « J’ai voulu mettre les pendules à l’heure »

Hugo Broos, sélectionneur national des Lions indomptables du Cameroun | Ph. Twitter/FECAFOOT

« A Bruxelles, il est évident qu’il ne s’agissait que d’un repas retardé mais d’un repas qui a perturbé la préparation du match de ce soir-là (28 mars 2017, ndlr). J’ai voulu mettre les pendules à l’heure. C’est-à-dire que pendant un an, nous avons bossé pour arriver au sommet, pour arriver au point où nous sommes avec le Cameroun. Je trouvais et j’avais peur, avec ce qui s’est passé ce jour-là, que l’on retombe dans les problèmes d’avant. J’ai peut-être exagéré. J’ai peut-être humilié le peuple camerounais, mes excuses pour cela au peuple camerounais. Mais je pense que l’on a fait de grands efforts pour arriver où nous sommes. Nous demandons de plus grands efforts pour y rester. Tout le monde doit être conscient que l’on doit pousser le charriot du même côté et oublier nos propres intérêts. Tout a été dit et aujourd’hui, on peut se concentrer sur le plus important, le sportif. J’ai encore un contrat jusqu’en février 2018 avec le Cameroun. Si les autres me veulent comme coach, ils doivent faire une proposition. Jusqu’à présent, il n’y en a pas. Je ne veux pas quitter le Cameroun, que ce soit clair pour tout le monde. Il est bien de terminer cet épisode et de se concentrer sur l’équipe ».

 

Tombi à Roko Sidiki : « C’était un simple problème de personnes »

Tombi à Roko, président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) | Ph. Archives

« Nous avons constaté qu’il s’agissait d’incompréhensions dans la gestion des différentes rubriques entre quelques individus de l’équipe nationale du Cameroun. Ce qui nous a conduit à cet incident malheureux qui a poussé l’hôtel à éconduire les joueurs pour leur donner le repas 1h30 après l’heure prévue. Le ministre des Sports a pris le temps d’écouter les uns et les autres, notamment ceux qui étaient chargés de donner un compte rendu. Nous avons constaté que c’était un simple problème de personnes qui a contribué à ternir l’image de notre pays. Nous disons qu’en ce moment, nous avons pris acte de cette situation et devrons prendre les mesures qui s’imposent pour améliorer afin que plus jamais, ce genre d’incident n’arrive plus de notre pays. A un niveau de responsabilité, il faut éviter de prendre des décisions sur le feu de l’action. Nous avons pris acte de ce qui s’est passé sur la base des déclarations des uns et des autres.  Je ne veux pas me hâter, mais pour toute décision qui sera prise, la presse sera informée ».