Cameroun : l’intifada des anglophones

L’intifada des anglophones | Ph. © CT
L’intifada des anglophones | Ph. © CT

Il y a d’abord eu les avocats, puis ce fut au tour des enseignants. Convaincus d’être marginalisés par une administration francophone et vieillissante, le Sud-Ouest et le Nord-Ouest se rebiffent.

Quand une simple grève d’enseignants dégénère et que des manifestations sécessionnistes éclosent, c’est tout le pays qui tremble sur ses fondements. Le gouvernement, qui sait mieux que personne la fragilité des équilibres qui font le Cameroun, a sorti les gros moyens. Le 21 novembre, l’armée a été déployée à Bamenda, la plus grande ville (700 000 habitants) des régions anglophones de l’Ouest.

Pour disperser les manifestants et conjurer les démons du séparatisme, les militaires ont procédé à des tirs de sommation. Une personne au moins a été tuée et une centaine d’autres ont été arrêtées dans la foulée. Plus personne n’en doute : tel le Mont Cameroun, le volcan est de nouveau en activité.

Une spécificité à préserver

Les signes précurseurs d’une explosion sont là. Ils prennent la forme de revendications difficiles à satisfaire du point de vue des autorités : les enseignants anglophones demandent que leurs collègues francophones ne puissent plus exercer dans les écoles de langue anglaise, à moins qu’ils ne soient bilingues.

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