Cameroun – Ligue de football professionnel : Les caisses sont vides

Pierre Semengue, président du Comité provisoire de gestion de la Ligue de football professionnel du Cameroun | Archives/DR
Pierre Semengue, président du Comité provisoire de gestion de la Ligue de football professionnel du Cameroun | Archives/DR

Depuis le lancement de la Ligue de football professionnel du Cameroun (LFPC) en 2010, on n’arrête pas d’être confronté à cette réalité. Les problèmes de financement deviennent même problématiques dans cette structure chargée de professionnaliser le football local notamment à travers des championnats de première (Ligue 1) et deuxième division (Ligue 2). Le premier test de la LFPC ? La saison 2011-2012. On jouait à 14 en Ligue 1 et en Ligue 2. L’Etat apportait alors une subvention de 560 millions de F payée souvent par traites. Chacun des clubs via la LFPC s’attendait alors à percevoir 36 millions F pour les clubs de Ligue 1 contre 23 millions de F pour chacune des équipes inscrites en Ligue 2. Quatre saisons (2014-2015) plus tard, la LFPC a toujours la main tendue et la subvention de l’Etat a été largement revue à la baisse passant de 560 millions au départ de la LFPC à 200 millions F l’an dernier. « L’argent » de l’Etat, au départ, est destiné en priorité au paiement des salaires des joueurs. Le gouvernement s’était engagé à soutenir de façon constante et les trois premières années, cette rubrique-là.

Outre les subventions de l’Etat, la société de téléphonie mobile MTN Cameroon soutenait véritablement les clubs locaux et donc la LFPC. Et en novembre 2013, l’annonce de son retrait est tombée comme un coup de massue sur la LFPC. Dans une interview accordée à CT cette année-là par Karl Toriola, le directeur général de MTN Cameroon, confirme cet acte. « Nous avons, en effet, décidé de résilier le contrat qui nous lie à la Ligue de football professionnel du Cameroun. Nous allons par conséquent nous retirer du sponsoring des compétitions nationales MTN Elite One et MTN Elite Two au terme de la saison sportive 2012-2013 », annonçait le manager. Selon MTN, la mauvaise organisation de ces championnats, les multiples interruptions et autres programmations et contre-programmations sont en grande partie à l’origine de son retrait. L’on apprendra que la LFPC vient de perdre environ 700 millions de F. Ce départ n’a pas aidé. Pourtant à la Ligue, l’on n’a pas baissé les bras. L’on a même annoncé la source Camtel. Sauf qu’après moult échanges, rien de concret n’a conclu.

Et la Fédération camerounaise de football alors ? De 250 millions octroyés au départ de la Ligue, l’on est passé à une subvention de 410 millions de F. Un accroissement considérable d’après le président du Comité de normalisation de l’association, l’an dernier lors de l’annonce de cette hausse. Malgré les nouveaux textes de la Fécafoot et le vœu de voir enfin la LFPC en ligue véritablement autonome semble être repoussé loin, très loin. La réflexion organisée au ministère des Sports et de l’Education physique en août 2014 visait à réfléchir sur « l’instauration d’un football véritablement professionnel ». Pour cela, les acteurs ont clairement convenu qu’il fallait des sources de financements. Entre l’apport des communes, membres du patronat, Etat, Fécafoot, droits de retransmission TV, droits d’images et contrats de sponsoring, la liste des sources de financement évoquées est loin d’être exhaustive. Pourtant, c’est le statu-quo. Ces vecteurs de financements tardent à prendre.

Au regard de tout cela, l’on s’interroge. Comment les clubs s’organisent dans ce contexte difficile ? Que fait la LFPC pour obtenir et décrocher des partenariats véritables ? Quelle est l’incidence de cet état de choses sur le niveau même des clubs ? Or, la LFPC doit pouvoir trouver des pistes pour faciliter son développement. Et là, les choses coincent malgré l’optimisme affiché notamment par son président du Comité provisoire de gestion, Pierre Semengue. Le passage au football professionnel est un processus irréversible mais la LFPC manque encore de soubassement.

Source : © Cameroon Tribune

Par Angèle BEPEDE

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