Cameroun – Libération de Lydienne Yen Eyoum : une victoire diplomatique pour la France

L'avocate franco-camerounaise Lydienne Yen Eyoum, le 6 octobre 2014, après sa condamnation à 25 ans de prison par la justice camerounaise pour détournement de fonds publics. | © AFP PHOTO / YEN-EYOUM FAMILY
L’avocate franco-camerounaise Lydienne Yen Eyoum, le 6 octobre 2014, après sa condamnation à 25 ans de prison par la justice camerounaise pour détournement de fonds publics. | © AFP PHOTO / YEN-EYOUM FAMILY

Lydienne Yen Eyoum est libre depuis lundi soir. Arrêtée en janvier 2010, l’avocate française d’origine camerounaise purgeait une peine de 25 ans de prison pour détournement de fonds publics. Lundi 4 juillet, après six ans de détention, coup de théâtre, un décret du président camerounais a été lu à la radio d’Etat. Paul Biya lui a donc accordé une remise totale de la peine qui lui restait à purger. Le fruit d’une longue négociation diplomatique Paris-Yaoundé, notamment depuis un an.

Pour l’avocate Lydienne Yen Eyoum, l’équipe de François Hollande n’a pas démérité. Selon Me Caroline Wasserman, le président français et ses conseillers ont eu un vrai intérêt pour cette affaire, contrairement à Nicolas Sarkozy.

Le cas a notamment été évoqué lors de la visite de François Hollande en juillet 2015 à Yaoundé. A cette époque, la pression sur le Cameroun est forte. L’ONU vient de juger arbitraire la détention de la Française. Paul Biya fait alors un geste et déclare qu’il verra ce qu’il peut faire le moment venu. Pour autant, rien ne se passe.

« Nous avions eu beaucoup d’espoir, et puis les choses passant, la fin de l’année puis la fête nationale, sans voir de grâce présidentielle arriver, on commençait un peu à douter que ça se ferait un jour et je sentais d’ailleurs Lydienne de plus en plus désespérée d’une situation qui n’évoluait pas », raconte Jean-Yves Leconte, sénateur des Français de l’étranger, contacté par RFI.

Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans notre justice […] Il faudrait qu’elle se reprenne en main et que l’on rende des décisions crédibles

Maître Patrice Monthe

06-07-2016 – Par Laure Broulard

Le gouvernement camerounais dément avoir cédé aux pressions de Paris

Selon lui, chaque autorité française reçue par Paul Biya évoquait l’affaire. Pour autant, le ministre de la Communication affirme que le Cameroun n’a aucunement cédé aux pressions de Paris. « Est-ce que vous avez une idée de la réaction que cette grâce suscite ? », lance Issa Tchiroma Bakary au micro de RFI.

« Nous avons une puissance qui doit en imposer au peuple camerounais souverain. Le président Biya s’est donc entouré de toutes les précautions pour que le peuple n’ait pas l’impression qu’il obéit au diktat de quelque puissance tutélaire que ce soit », considère-t-il.

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