Cameroun : Libération de l’activiste Gérard Kiussu – 18/03/2015

L’activiste camerounais Gérard Kiussu, arrêté samedi dernier à Douala et conduit sous bonne garde au secrétariat d’Etat à la Défense (SED) en charge de la gendarmerie à Yaoundé, la capitale du pays, a été libéré lundi soir sans avoir été inculpé, a appris APA auprès de ses défenseurs.

”Aucune explication ne lui a été fournie par ses geôliers”, a expliqué un de ses avocats non sans dénoncer le non-respect des droits de l’intéressé, aussi bien dans la procédure d’arrestation que de la garde à vue.

Ce cyberjournaliste, coordinateur de l’ONG de défense des droits humains ‘’Tribunal article 53” et par ailleurs membre de l’Alliance des forces progressistes (AFP, opposition), avait été interpellé en compagnie de trois congénères qui seront tous relâchés quelques heures plus tard, alors qu’ils venaient de rencontrer une mission de l’organisation de défense des droits de l’Homme Amnesty International.

Selon des sources introduites, il est reproché à Gérard Kiussu d’être l’auteur d’un photomontage affiché voici plus d’une semaine sur le site Internet de la présidence de la République, montrant le chef de l’Etat en train de se prosterner sur les dépouilles de 39 soldats victimes de la secte islamiste Boko Haram et de l’insécurité en Centrafrique, alors que Paul Biya se trouvait hors du pays à cette date.

Au lendemain de cet incident, le gouvernement avait effectivement indexé une œuvre de pirates en même temps qu’il annonçait l’ouverture d’une enquête en vue d’en déterminer les auteurs.

Face au flou ambiant, pas moins de sept partis politiques et organisations de la société civile se sont mobilisés pour la libération de l’activiste également accusés, selon des sources introduites, de s’être rendu récemment dans la région de l’Extrême-Nord en proie aux exactions de Boko Haram.

Dans le même temps, Amnesty International s’inquiétait ainsi de la situation : «L’arrestation et le transfert de Gérard Kuissu sont extrêmement préoccupants ; les autorités camerounaises doivent veiller à ce qu’il puisse entrer en contact avec son avocat, qu’il soit traité humainement et que son droit à une procédure régulière soit respecté. Il doit pouvoir rencontrer régulièrement et librement son avocat, être présenté rapidement à un juge et ne pas être poursuivi devant un tribunal militaire. S’il n’existe pas de preuves suffisantes pour l’inculper d’une infraction reconnue par la loi, il doit être immédiatement libéré.”

© CamerPost avec © APA

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