Cameroun : l’hommage du patronat à Andrée Fotso

André Fotso a été élu à la tête du Gicam en 2011. © Camille Millerand/JA
L’hommage du patronat à Andrée Fotso | © Gicam/Archives

Le défunt président du principal syndicat patronal a reçu un hommage de divers partenaires du monde des affaires mercredi à Douala.

Un mercredi triste et mémorable au cours duquel une vingtaine de témoignages partagés entre frustration et peine ont résonné dans l’amphithéâtre du siège du Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam). C’est peut-être l’une des images qui demeureront quelque temps encore dans l’esprit de ceux qui ont assisté à l’hommage que rendait ce syndicat d’entrepreneurs à son président défunt, André Fotso. Entre trémolos dans la voix, souvenirs amusés d’un homme qui aimait rire de tout y compris de lui-même, la stature connue du patron de la holding Taf Investment s’est davantage révélée. Car il était l’heure de dire qu’un grand homme a vécu, selon le propos du député Gaston Komba.
Dans la diversité des témoignages répartis entre ses collègues du Gicam et des autres regroupements de patrons d’ici et d’ailleurs, les représentants des pouvoirs publics, des missions diplomatiques, la somme du parcours de l’homme public investi dans les affaires s’est dessinée autour de quelques manières fortes d’être ce qu’il fut. Un businessman flairant les bonnes affaires et profitant de la force des vents du moment. Un entrepreneur qui se dépensait à la tâche tout en cherchant l’essor de l’ensemble dans lequel il s’est si bien illustré : le Cameroun et l’Afrique.
Le Gicam regrettera de ne plus pouvoir profiter du puits d’idées qu’il était. Car, par ailleurs, comme un chef d’orchestre aguerri, le patron Fotso savait convertir ses vues en plans harmonieux, où s’intègrent des gens venus de tous horizons. Le Gicam uni et écouté, la croissance à deux chiffres dès 2020 dont il rêvait, il y a contribué et en partie vu émerger. A Douala, où le jeune cadre revenu de ses études supérieures en France entame son aventure professionnelle, il a laissé une marque que le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine décrit comme celle d’un « passionné de l’attractivité et de la compétitivité » de sa ville d’adoption.
Au loin aussi, André Fotso a laissé des traces. L’ambassadeur d’Algérie, Merzak Bedjaoui, lui, avait soumis un an plus tôt ses plans d’amélioration des relations économiques avec le Cameroun. « Il a tout de suite approuvé et mis son équipe à disposition », se remémore le diplomate.  Tant de qualités humaines et managériales dont l’écho se fera sentir longtemps, surtout si le Gicam, souhaitera M. Komba, réussit à créer en son sein et en souvenir de l’homme soucieux de l’emploi des jeunes, un centre de préparation à l’entrepreneuriat destiné à encadrer de futurs André Fotso.

Source : © Cameroon Tribune

Par Jean Baptiste KETCHATENG