Cameroun : Les populations sommées de libérer les emprises de la SCDP à Douala

Les populations sommées de libérer les emprises de la Société camerounaise des dépôts pétroliers SCDP à Douala | © SCDP/Illustration
Les populations sommées de libérer les emprises de la Société camerounaise des dépôts pétroliers SCDP à Douala | © SCDP/Illustration

Avant l’échéance de décembre 2015 fixé par les autorités, plus de 1200 familles ont déjà quitté les lieux.

L’heure est à la casse et au déménagement au lieu-dit « Carrefour Agip ». En effet, de nombreux riverains sont contraints de quitter ces sites situés à proximité de la Société camerounaise des dépôts pétroliers, SCDP. Certaines sources indiquent que les démolitions d’habitations qui sont en cours aux alentours de la SCDP résultent d’une décision des autorités administratives de la capitale économique, de sécuriser cet espace jugé dangereux, du fait de la présence des cuves d’hydrocarbures. On se rappelle qu’au lendemain de la catastrophe de Nsam, le 14 février 1998, les pouvoirs publics avaient pris la résolution d’éloigner les maisons d’habitations des différents dépôts de la SCDP. Au-delà de cet aspect sécuritaire, l’on évoque l’ambitieux projet de la SCDP d’accroître les capacités de stockage du dépôt de Douala à l’horizon 2016. Il est concrètement question de construire de nouvelles cuves pour produits blancs dans cinq dépôts de cette entreprise.

Dans le cadre de la mise en route de ce projet, l’autorité administrative de la ville de Douala avait sommé les populations riveraines de libérer les lieux en décembre 2015. Afin d’éviter d’être déguerpis manu militari et de voir leurs habitations détruites sans ménagement, certains riverains ont entrepris de procéder eux-mêmes à la destruction de leurs habitations avant l’échéance annoncée par le préfet du Wouri, question de sauver ce qui peut encore servir. « Mieux prévenir que guérir. Au lieu d’attendre que les engins de la Communauté urbaine de Douala se charge de la destruction de ma maison, je préfère le faire moi-même et pouvoir récupéré certains matériaux », explique Jacques Guilembè, riverain.

Des informations recueillies auprès de quelques habitants du coin font état de ce que plus de 200 maisons d’habitation ont déjà été démolies et que plusieurs familles ont déjà quitté les lieux. Ce qui de l’avis de certaines personnes a été une méprise, puisque ces déménagements qui se sont fait de manière précipité ont entraîné des conséquences dommageables pour les populations. « Plusieurs familles ont vu leurs effets volés par des brigands qui ont forcés les serrures de certaines maisons, pendant que les propriétaires faisaient des va et viens pour libérer les lieux. Ces voleurs ont ainsi dérobé certains objets de valeurs », explique un riverain.

Pour l’heure, la principale préoccupation des populations contraintes de quitter les emprises de la SCDP est relative à leur indemnisation. Déjà, des voix s’élèvent pour dénoncer la procédure de recensement des déguerpis ainsi que la taxation du m2 jugée par ces derniers très en deçà du montant attendu. Toute chose qui fait dire à certains riverains que les 3 milliards de F Cfa destinés à cette fin auraient été détournés.

© CAMERPOST par Joyce Nzoukou (Stagiaire)

  • Abina Martial

    c’est plutôt une bonne chose je pense. Cela doit être difficile pour les familles mais c’est une question de sécurité.