Cameroun : Les populations font la police au Nord – 10/05/2014

Tchéré. Un mois après l’enlèvement des missionnaires, les fidèles redoublent de vigilances.

Depuis l’enlèvement de deux prêtres italiens et d’une religieuse catholique canadienne, les rapports entre les villageois et les étrangers sont empreintes de méfiances et de suspections. Au cours des nombreuses réunions réunissant les forces vives de la localité et les autorités de la place, il a été instruit aux villageois par l’entremise des chefs de quartier de dénoncer tout mouvement suspect.

Conséquence, tout étranger est considéré comme étant un espion à la solde de Boko Haram. Un comité de vigilance a même été mis sur pied pour assurer la sécurité. Une sécurité qui était à son comble le 4 mai, un mois jour pour jour après l’enlèvement des religieux. Les fidèles chrétiens de la paroisse Saint Marc de Tchéré-Tchakidjebe gardent encore dans leurs coeurs les stigmates de la nuit du 4 avril 2014. Et c’est le père Antonio, venu de Bogo qui a officié la messe. Dans son homélie, il demandé aux chrétiens de continuer dans la prière.

Car, a-t-il  dit, «c’est dans la foi que l’on puise les ressources pour affronter les difficultés de la vie. En effet, depuis l’enlèvement de ces missionnaires, tous les fidèles chrétiens se sont mis en prière pour que l’on retrouve les religieux». Pour Emmanuel Walama, responsable de la communauté de Djebe, en plus de notre communauté, celles de Tchakidjebe, Godola, Dogba et Mikiri s’unissent en prière chaque matin afin de demander au Très Haut la libération dans de bonnes conditions des religieux pris en otage.

Les jeunes, eux, veillent activement à toute infiltration suspecte. Les inconnus sont auditionnés, et doivent à la limite montrer patte blanche. Saidi Sylvain est de ceux-là. Ce jeune catholique est nostalgique des moments passés avec leur aumônier, le père Jean Paul Marta, modérateur des jeunes au niveau de la paroisse. «Nous ne voulons pas que notre village soit une zone de non-droit. Nous n’avions pas de problème ici et Tchéré est connu pour être un havre de paix», indique-t-il.

«Nous sommes orphelins aujourd’hui. C’est comme si on nous a enlevé nos propres parents. En l’absence de ces missionnaires nous nous sentons égarés», poursuit Almay Celestine, un autre jeune.

Source : © L’Oeil du Sahel

Par Alain Mazda

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