Cameroun : les perspectives économiques revus à la baisse par le FMI

Alamine Ousmane Mey, ministre camerounais des Finances | Photo d'archives
Alamine Ousmane Mey, ministre camerounais des Finances | Photo d’archives

Le Cameroun, à l’instar des pays producteurs de pétrole d’Afrique subsaharienne, devrait connaître « une nouvelle dégradation » de ses agrégats macroéconomiques selon un rapport des perspectives économiques publié mardi par le Fonds monétaire international (FMI).

Intitulé : «Afrique subsaharienne : faire face à un environnement qui se dégrade», ledit rapport, que APA a pu consulter, invoque les compressions prévues des dépenses budgétaires, qui ne compenseront pas entièrement la forte baisse des recettes budgétaires liées aux activités pétrolières, permettant un certain étalement dans le temps de l’ajustement.

Le FMI s’inquiète aussi de l’effet de la baisse marquée des recettes provenant des exportations de produits de base mais également les problèmes de sécurité dans une région qui couvre le Cameroun, le Niger, le Nigeria et le Tchad, mais aussi au Kenya et au Mali qui pèsent aussi sur l’activité économique, mettant à mal les finances publiques et diminuant les chances de bénéficier des flux de l’investissement direct étranger (IDE).

Si ces problèmes d’insécurité «devaient persister ou prendre de l’ampleur, l’effet négatif sur la croissance économique et le risque d’instabilité politique au niveau régional s’en trouveraient amplifiés».

S’agissant spécifiquement du Cameroun, le FMI prévoit notamment une croissance du produit intérieur brut (PIB) réel, hors pétrole de 5,1% en 2015 et de 5,5 en 2016, contre 5,4% en 2014, une expansion de la masse monétaire au sens large de 8,6% en 2015, 7,7% en 2016 contre 10,5% en 2014, une variation annuelle des prix à la consommation de 2,0% en 2015 et 2,1% en 2016, contre 1,9% en 2014.

Les mêmes prévisions font état d’un solde extérieur courant de -5,0% du PIB en 2015 contre -5,2 en 2016 et -4,6% en 2014, d’un solde budgétaire global, dons compris de -5,1% en 2015 et -5,6% en 2016, contre -5,5% en 2014.

Ces données, note-t-on, contrastent avec celles établies en mi-juin dernier par la mission de surveillance multilatérale de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), qui prévoyait un taux de croissance du Cameroun s’établissant à 6,3% en fin 2015.

Les experts de la sous-région avaient toutefois mis en garde contre les déficits infrastructurels et énergétiques qui interpellent actuellement le Cameroun et qui, si rien n’est fait, pourraient plomber l’embellie ainsi projetée.

© CAMERPOST avec © APA

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