Cameroun : Les militants du RDPC crient à l’acharnement fiscal

Les militants du RDPC crient à l’acharnement fiscal | Illustration/DR
Les militants du RDPC crient à l’acharnement fiscal | Illustration/DR

Ils estiment être victimes des représailles du maire, vainqueur des dernières élections à la section Bénoué-Nord.

Les élections à la section Rdpc de la Bénoué-Nord à Dembo se sont déroulées le 23 novembre dernier. Au terme du scrutin, la liste conduite par Hayatou, par ailleurs maire de la commune de Dembo, a été déclaré vainqueur. Une victoire que son challenger, Fankana Taouré, conseiller municipal à la commune de Dembo, lui conteste. Dans une requête adressée à la commission centrale de supervision des opérations de renouvellement des organes de base du Rdpc, il dénonce entre autres, la violation des textes régissant l’organisation du scrutin et les manœuvres de corruption active de son adversaire. Mais loin d’attendre le verdict de la commission centrale, la bataille entre les deux hommes semble se poursuivre sur un tout autre terrain.

Trois jours après la fin du scrutin, soit le 26 novembre, une dizaine de membres et alliés de la liste de Fankana Taouré estiment être victimes des représailles du maire de Dembo. C’est d’abord Fiyine Abraham, candidat au poste de trésorier dans la liste de Fankana Taouré, qui s’est vu relever par le maire de ses fonctions de percepteur local dans la localité Séboré, arrondissement de Dembo. Dans la foulée camer.be, Fiyine Abraham est sommé dans une autre correspondance, de reverser « les frais de la taxe à bétail de quatre troupeaux » qu’il détiendrait par devers lui. La même correspondance lui indique à titre de rappel qu’il ne fait plus partie des percepteurs « à cause de la faute lourde » qu’il a commise.

Le même 26 novembre 2015, une quinzaine de commerçants exerçant dans la ville de Dembo et ayant tous la particularité d’avoir été membres du comité de soutien de Fankana Taouré, adversaire du maire à la tête de la section, reçoivent de la part du maire un courrier ayant en objet, « votre situation fiscale ». Le maire leur rappelle tous qu’ils n’ont « toujours pas payé leur impôt libératoire » sur l’activité qu’ils exercent pour les périodes 2013, 2014 et 2015, en leur indiquant qu’ils disposent tous d’un délai de 48h pour s’acquitter de ces frais. Ces commerçants, qui sont tous bouchers et vendeurs de céréales, sont ainsi sommés de payer chacun au total, la somme de 510 000 Fcfa représentant sur les trois années querellées, l’impôt libératoire, la déclaration de location verbale, la taxe de développement locale ; le tout assorti des pénalités de 100%.

Ahmadou de Sébore, boucher à Dembo, va écoper d’une amende plus lourde, soit 900 000 Fcfa pour les mêmes motifs. Pour le cas de Tobi Mborom, vendeur de carburant, le maire lui a déjà signifié qu’il n’est plus autorisé à exercer dans sa commune du fait du non-paiement des frais qui lui ont été réclamés. Mamoudou Bodedjo, et Beladji Bodedjo, tous vendeurs de céréales, indiquent pour leur part que n’exercer cette activité à Dembo depuis 2015. Saisi par les commerçants, le sous-préfet de Dembo, Guy Tcheyip a décidé de convoquer tous ces derniers le 2 décembre 2015 dans son cabinet pour trouver une solution. Les mêmes commerçants ont été entendus le vendredi 4 décembre 2015 à la brigade de gendarmerie de Dembo dans le cadre de cette affaire.

Source : © L’Oeil Du Sahel

Par Innocent-Blaise YOUDA