Cameroun : Les journaux entre politique et délestages – 08/06/2015

Les journaux entre politique et délestages au Cameroun | Photo d'illustration
Les journaux entre politique et délestages au Cameroun | Photo d’illustration

Les journaux camerounais parus lundi se focalisent principalement sur des sujets de politique interne ainsi que sur la grave crise énergétique qui paralyse actuellement une bonne partie du pays.

Parlement français : questions autour d’un rapport controversé”, titre le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune qui constate que le document produit par des élus de France sur les perspectives sociopolitiques du pays ‘’tend à remettre en cause la légitimité des institutions en place, en évoquant la marginalisation dont seraient victimes certaines régions dans le développement du Cameroun”.

Pour cette publication, il ne s’agit ni plus ni moins que d’attaques médiatiques aussi virulentes que grotesques, sans que l’on puisse, à première vue, comprendre les motivations profondes des instigateurs de ces démarches pour le moins tendancieuses.

S’agissant des batailles de succession à la tête de l’Etat, le bihebdomadaire La Météo affirme que des diplomates accrédités à Yaoundé ‘’font la promotion d’Amadou Ali”, le ministre en charge des Relations avec le Parlement qui, ‘’à travers ses relais au sein du système, aurait lui-même fait passer le message auprès des chancelleries étrangères pour qu’il soit présenté comme l’homme de la situation, celui-là à même d’être porté en toute confiance à la magistrature suprême après Paul Biya”.

Du rusé et vindicatif généralement décrit au sein du sérail, on en a ainsi fait un homme de dossiers et de confiance de l’actuel chef de l’État, on a fait passer des notes vantant son parcours : c’est un homme d’État en somme qui maîtrise aussi bien – très important – l’armée que les arcanes de la magistrature et de la présidence de la République.

Pour l’hebdomadaire L’Epervier, l’avenir d’Amadou Ali ne s’annonce pas aussi doré qu’il veut le laisser croire, tant ses états de service en font un être énigmatique et qui inspire la méfiance.

‘’Amadou Ali, pourquoi pas ?”, répond en écho Mutations qui évoque déjà l’échéance présidentielle de 2018 et, se basant sur les ‘’questions des enquêtes des diplomates et des visiteurs de marque”, explique que ce choix éventuel serait guidé par une obligation morale de Paul Biya, l’actuel chef de l’Etat, de renvoyer le pouvoir au grand-Nord dont était originaire son prédécesseur, Ahmadou Ahidjo, qui le lui a généreusement légué en 1982.

La même publication, dans un dossier consacré au retour des délestages, constate qu’il y a ‘’de l’électricité dans l’air” avec des réunions de crise au sein du gouvernement, l’opérateur ENEO qui est sommé de diffuser le calendrier des coupures et Aluminium du Cameroun (ALUCAM), qui à elle seule consomme plus de 40% de la production locale et qui vient de décider de la réduction de sa consommation d’énergie aux heures de pointe.

‘’Les délestages vont se poursuivre”, annonce pour sa part Le Quotidien de l’Economie qui fait état, entre autres, d’une baisse de débit sur la Sanaga, le principal fleuve sur lequel sont construites les centrales hydroélectriques.

Selon Emergence, l’opérateur ENEO, à travers sa direction générale, est en train de tenter une échappatoire en accusant le gouvernement d’immobilisme dans la mise en œuvre du plan d’urgence arrêté d’accords parties pour endiguer les risques de crise énergétique.

Heureusement, tempère Cameroon Tribune qui, se fondant sur les résolutions d’une réunion du comité de suivi de l’étiage 2015 tenue vendredi dernier à Yaoundé, la capitale du pays, indique qu’un retour à la normale est espéré d’ici fin juin.

© CamerPost avec © APA

  • vraiment nous sommes au bout le courant ne fait pas 02 jours pleins chez nous ; on ne peut plus repasser ses habits