Cameroun : les éditeurs de presse et le régulateur enterrent la hache de guerre – 13/08/2014

La glace a été brisée et le dialogue renoué. Assurance donnée par le prédisent de la Fédération des éditeurs de presse du Cameroun (Fedipresse), Haman Mana. Il semblait détendu au sortir de la réunion de concertation que ses pairs et lui-même ont tenue le 11 août 2014, avec les membres du Conseil national de la Communication (Cnc). Les éditeurs de presse et l’instance de régulation ont enfin rapproché leurs positions. Ils se regardaient en chiens de faïence depuis au moins un an.

Haman Mana, président de la Fédération des éditeurs de presse du Cameroun (FEDIPRESSE).
Haman Mana, président de la Fédération des éditeurs de presse du Cameroun (FEDIPRESSE).

Les éditeurs de presse avaient été ignorés jusqu’ici par le régulateur alors que ceux-ci demandaient l’annulation des sanctions prononcées contre certains supports médiatiques. En effet, le Cnc n’est jamais revenu sur les trois mois de suspension infligés en novembre 2014 au journal Ouest Littoral et son directeur de publication, Benjamin Zebaze. Le journal anglophone The Guardian et son patron avaient également purgé sa peine jusqu’au bout.

La Fédipresse est née au lendemain de ces sanctions et s’est présentée dès lors comme l’organisation de défense des intérêts de l’entreprise de presse au Cameroun. Elle réclamait la levée immédiate et inconditionnelle des mesures du Cnc et leur réexamen, l’adoption d’un code de procédures d’examen des plaintes au Cnc, en accord avec les professionnels des médias. Le régulateur était appelé à publier la nomenclature des sanctions selon les fautes. Tout comme il devait définir les manquements professionnels susceptibles d’être soumis à l’examen du Cnc.

Ces revendications n’ont toujours pas été prises en compte, mais un pas a été franchi au cours de la réunion du 11 août dernier. D’après le communiqué qui a sanctionné les travaux, ceux-ci ont porté sur la responsabilité sociale de la presse, la régulation économique du secteur de la communication. Au rang des recommandations prises, il y a la révision du cadre juridique de la communication sociale au Cameroun, l’organisation des séminaires de formation pour renforcer les compétences des médias, enfin l’adoption d’une approche constante et systématique dans le traitement des dérives de la presse.

Le Cnc a même accepté d’être le partenaire de la Fedipresse dans la défense des intérêts des entreprises de presse, notamment la revalorisation de l’aide publique aux médias privés et une meilleure répartition de cette aide, le combat pour une meilleure distribution des journaux, enfin un meilleur partage de la publicité.

Depuis la mort de son président, Mgr Joseph Befe Ateba, le 4 juin dernier, le Cnc est désormais dirigé par le vice-président, le journaliste Peter Essoka.

Source : Agence Ecofin